Les chroniques cannoises de Patrick Mottard

Le charme de Cannes, c'est aussi de rencontrer toute une série d'amis liés au monde du cinéma. Des acteurs locaux comme les organisateurs d'événements, Vincent Jourdan et Benoit Arnulf, mais aussi des responsables nationaux comme notre amie Florence Gastaud. Après avoir été notre (brillante) étudiante, celle-ci a entrepris une carrière de haut niveau dans le cinéma à Paris qui lui a permis de diriger l'ARP aux côtés de Costa-Gavras avant de devenir Vice-Présidente de la Commission d'avance sur recettes au titre de son nouveau métier : productrice. En 2017, un de ses films a même fait partie de la sélection officielle (Le redoutable, passionnante et décalée oeuvre de Michel Hazanavicius sur la vie de Jean-Luc Godard). Cette année, elle nous a confié faire la promotion de son nouveau film : un biopic sur Madame Claude dont la dernière scène vient d'être tournée sur la Promenade des Anglais (la dame en question a fini sa vie à Nice). Loin est le temps où nous procurions des places à Florence et à son père... pour monter les marches du Palais. Les rencontres avec les étudiants effectuant des missions dans l'organisation du Festival sont chaque jour aussi nombreuses. Aujourd'hui, par exemple et entre autres, Chloé notre glorieuse major de promotion. Mais Cannes, c'est bien sûr avant tout des films : aujourd'hui un policier roumain et Lelouch.

LES PLUS BELLES ANNÉES D’UNE VIE (Claude Lelouch / France)

C’est tout à fait normalement que le dernier film de Claude Lelouch ait été présenté hors compétition car cet objet cinématographique non identifié est inclassable. Il s’agit plus de cinquante ans après d’une suite à sa mythique histoire d’amour Palme d’Or à Cannes en 1966 avec les mêmes acteurs : Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée.

Le fils de Jean-Louis Duroc sollicite Anne Gauthier commerçante en semi-retraite pour que celle-ci qui, au final, a été le grand amour de son père lui permette de retrouver un demi-siècle plus tard un peu de cet élan vital qu’il étouffe, plus désabusé que sénile, dans le confort bienveillant et médicalisé de sa maison de retraite.

L’histoire de ces improbables retrouvailles est disons le tout net d’une beauté fulgurante tout en restant élégante et pudique. La première scène entre les deux anciens amants dure près de vingt minutes, elle restera dans les annales du cinéma et le disque dur de nos mémoires. Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée sont bouleversants dans leurs variations sur l’amour et la vie. Rarement la mort.

Le réalisateur n’a pas pu s’empêcher de commettre quelques "leloucheries" mais pour nous avoir offert ce moment rare de cinéma, on est prêt à tout lui pardonner.

LA GOMERA (Corneliu Porumboiu / Roumanie)

Cristi, un inspecteur de police de Bucarest corrompu par la mafia locale est soupçonné par ses supérieurs et mis sur écoute. Embarqué par Glida la maitresse d’un caïd sur l’ile de Gomera aux Canaries, il doit apprendre le silo, une langue sifflée ancestrale qui lui permettra de collaborer à l’évasion spectaculaire d’un trafiquant pour récupérer les millions cachés par celui-ci. Mais l’amour va s’en mêler et rien ne se passera comme prévu...

Il est difficile d’entrer dans ce film policier réalisé à la manière d’un puzzle. Mais au final tout s’éclaire sur cette histoire somme toute banale de mafia, de corruption et de trahison contrariée par le sentiment amoureux du héros. On y apprend toutefois cette pratique du langage sifflé dans des îles plutôt réputées pour leurs boîtes de nuit et l’existence dans les Balkans d’une petite soeur de Monica Bellucci avec l’actrice Catrinel Marlon (Gilda).

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