Migrations (4) : La France a une situation singulière

Elle demeure à contre-courant de la dynamique qui domine l’espace de l’Union européenne, celui de la fermeture.

Ainsi, en Allemagne, ont été restreintes les possibilités de regroupement familial pour certaines catégories d’immigrés. En Grande-Bretagne, la possibilité pour les réfugiés de faire venir leur famille a été conditionnée à la nécessité d’avoir des ressources suffisantes pour la prendre en charge. De même qu’est demandé pour l’accueillant un niveau d’anglais minimum (A1). En Hongrie, les bénéficiaires de la protection subsidiaire ont été exclus du champ d’application des règles favorables aux réfugiés statutaires. De plus, les réfugiés ne disposent plus que de trois mois pour déposer une demande de regroupement familial. À Chypre a été supprimé le droit préférentiel au regroupement familial des réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire ont également été privés du droit automatique au regroupement familial.

En Grèce, seuls les réfugiés, et non les bénéficiaires de la protection subsidiaire, peuvent bénéficier de droit au rapprochement. Et pour bénéficier de règles préférentielles les réfugiés doivent présenter une demande dans les trois mois suivant la reconnaissance de leur statut. À défaut, ils se voient obligés de satisfaire à des conditions d’emploi permanent et de logement dans un pays qui subit la crise économique que l’on connaît.

De la Suède à l’Allemagne en passant par le Danemark, les pays sont donc dans une dynamique de fermeture. Elle explique en particulier l’arrivée en France de jeunes Afghans venant de Suède au point d’en parler minimalement la langue.

La France est devenu le pays de rebond des personnes déboutées d’autres pays de l’Union, d’Allemagne en particulier. En 2018, ce sont près de 40 000 migrants ayant déjà été enregistrées dans un autre pays européen qui sont arrivés en France avec l’espoir à terme d’y bénéficier du statut de réfugié.

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