Municipales à Nice : Le débat télévisé , dernier acte avant le vote

Dimanche les électeurs ( combien seront-ils ? et lesquels seront-ils) se rendront aux urnes pour en terminer avec cette élection-marathon et élire leur mer pour les six ans à venir.

Comment pourront-ils oublier cette campagne aux divers sursauts , qui a été jusqu’au bout mais avec des incertitudes et qui finalement se conclut sans que les candidats peuvent aller directement à l’encontre de leurs électeurs ?

Beaucoup de réseaux sociaux , quelques manifestes, des point-presse , des tractages...beaucoup d’engagement personnel mais ? Il faut dire que on ne voit pas non plus trop d’intérêt de la part des gens qui donnent l’impression d’avoir mis cet acte de citoyenneté à côté et qui pensent davantage aux occupations professionnelles, à la plage, à l’apéritif et d’autres plutôt qu’à leur futur maire.

Pourtant, à partir de lundi , son nom sera sur la bouche de tous et pour n’importe quel problème : Monsieur Maire par ci, Monsieur Maire par là. Ainsi va la démocratie de ces jours, où le citoyen s’arroge tous les droits et oublie souvent ces devoirs. Le premier desquels celui de choisir avec son vote celui qui aura la lourde tâche d’administrer la ville dont il vit, et , à minima, d’être le récipiendaire de tous ses mécontentements . Pour comprendre tout cela, s’adresser au bon Docteur Freud qui sait expliquer l’inexplicable.

Dernier acte de cette campagne qui en est pas une - au moins que ce soit la première d’une nouvelle génération , une campagne à distance- le débat classique entre les finalistes aura lieu ce soir sur la chaîne de télévision régionale.

En fait, il sera amputé de la présence du candidat sorti largement en têt du premier tour du 15 mars , Christian Estrosi, qui lui a choisi de s’occuper de la relance économique de la ville et qui sera engagé dans une deux-jours de propagande du futur départ du Tour de France ( fin août) qui reste le seul événement ***** d’une saison qui a perdu les morceaux pour la crise sanitaire. Avec un investissement de 3,5 millions d’euros, les journées du TdF auraient du apporter un retour important pour le secteur de l’hôtellerie, restauration et commerces avec la présence de l’organisation de la course et annexes ( coureurs, staff, journalistes, village) et un public de passionnés venu de l’extérieur ? Sera-il encore comme ça ou la crise sanitaire et économique changera l donne ? L’enjeu est de taille et c’est pour cela que Christian Estrosi en a fait une priorité.

Resteront sur le plateau les deux challengers Philippe Vardon (RN) et Jean-Marc Governatori ( écologistes) qui en absence du cible auquel adresser tous leurs anathèmes, devront se contenter d’échanger quelques coup d’épée entre eux.

Que pourront-ils nous dire de plus et de nouveau ? On ne craint pas grande chose.

Philippe Vardon - on le sait - axe tout son discours sur les thèmes de la sécurité et la lutte contre le communautarisme. Ces arguments ne sont pas sans fondement, bien au contraire quand on voit les dangers issus des affrontements dans les quartiers où le trafic de drogue est devenu la base économique au quotidien. Toutefois, ce dossier - qui ne mérite aucune indulgence envers les protagonistes- est plutôt d’une responsabilité de l’Etat que du Maire. Et puis, l’organisation de la vie d’une cité de plus de 350 mille habitants ( 500 mille avec les communes de la Métropole) ne peut pas se réduire à la lutte contre la criminalité ( par ailleurs, si quelqu’un avait la formule gagnante il pourrait faire fortune en la vendant aux maires de toutes les ville du monde qui subissent - qui plus, qui moins- le même fléau).

Jean-Marc Governatori pourra lui mieux expliquer sa formule de la démocratie en franchising. D’après les propos de l’énigmatique personnage , Christian Estrosi devrait confier à la liste qu’il conduit la "gestion environnementale " de la municipalité. Dans la liste des adjectifs qui depuis quelques temps accompagnent le substantif " démocratie" , l’adjectif " franchisée" n’était pas encore compris. Maintenant c’est fait. On attend la suite avec curiosité , tout en se demandant si Monsieur Governatori est bien sur terre et non pas dans le cosmos !

D’ailleurs, quand le personnage se présente avec le slogan suivant : " mon métier c’est la gestion, ma passion c’est l’écologie" , n’avait-vous pas envie de lui demander s’il aime la pizza ?

Bon, la soirée sur le plateau de la télévision régionale sera certainement intéressante et les deux candidats challengers feront bien d’en profiter.

A partir de la semaine prochaine, après s’être partagé la quinzaine d’élus qui reviendront à l’opposition, commenceront pour eux six longues année d’opposition à Christian Estrosi , fort d’une majorité large et bien expérimentée et supportée par une machine de gestion bien huilée.

Il serait bien pour eux d’enrichir la pertinence et la qualité de leur action pour ne pas finir comme une "vox clamantis in deserto".

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