Pourquoi il n’y a pas eu de vague écologiste à Nice ?

Si les écologistes, grâce à des listes d’union avec la gauche, ont connu, au plan national, une vague électorale assez conséquente pour ce deuxième tour des élections municipales, avec des victoires emblématiques, par contre à Nice, rien, même pas une vaguelette.

Avec 11,30%, au premier tour, la liste conduite par Jean-Marc Governatori réalisait le plus mauvais résultat des listes écologistes dans les grandes villes de France. Au second tour, dans une triangulaire, et en l’absence d’autres listes à gauche, Jean-Marc Governatori réalise 19,30%, soit 7.5 points de moins que le total gauche/écologistes du 1er tour. Un résultat médiocre qui ne l’empêche pas de déclarer : « Presque 20 % c’est un score historique, le meilleur score de France pour les villes de plus de 15000 habitants pour une liste 100 % écologiste ».

Oublié les 11,30% du premier tour ?? Pourquoi cette référence aux communes de 15 000 habitants ? Oublié que Nice est 5e ville de France et que la comparaison doit se faire avec Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Toulouse….?

Jean-Marc Governatori, qui a une conception bien à lui de la rigueur intellectuelle, a du mal en réalité à justifier un résultat qui, dans le contexte d’une vague de la gauche et de l’écologie au plan national, n’est pas bon.

Il réalise à peine 1,5 point de plus que Patrick Allemand en 2014 (17,84%), qui lui était dans un contexte bien moins favorable, avec un vote sanction à l’égard du PS à l’époque, et une quadrangulaire avec un Bettati qui jouait le créneau « ni gauche ni droite » avec à ses côtés Benoît Kandel et Marc Concas (ex PS). Notons au passage que plusieurs des colistiers de JM Governatori, et pas des moindres, étaient à l’époque sur cette liste conduite par Olivier Bettati (1), le même Olivier Bettati qui, quelques mois plus tard, devait conduire dans les Alpes-Maritimes la liste FN pour les Régionales. Vérifiant ainsi le vieil adage : le « ni gauche ni droite » se termine toujours à...droite.

Au dernier trimestre 2019, un travail avait été engagé, depuis plusieurs mois, entre des forces de gauche et EELV. Mais l’arrivée de Jean-Marc Governatori avec l’AEI et sa mainmise sur la liste écologique auront plombé la possibilité à Nice de s’inscrire dans la dynamique des listes de la gauche et de l’écologie qui ont marqué le premier et le second tour. Le parcours de Governatori, sa personnalité, ses positionnements et son axe « ni gauche, ni droite » auront pesé lourdement sur le scrutin.

Et à l’inverse de ce qui s’est passé dans d’autres villes de France, de la taille de Nice, à l’image de Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg ou bien encore Toulouse, Nice sera restée à l’écart.

Espérons, pour l’avenir, que les uns et les autres sauront analyser les raisons de cet échec...

Robert Injey

1/Etaient sur la liste d’Olivier Bettati en 2014 ; Jean François Picard (en 5e position sur la liste Governatori), Sylvie Bonaldi (en 6), André Minetto (en 21). Sans parler d’une candidate qui elle était à l’époque sur la liste...de Christian Estrosi !

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