Régionale 2021 en PACA : une élection à l’air de la présidentielle, une campagne hors sujet

Ce n'est pas une information surabondante et parfois toxique qui aura donné l'envie aux électeurs de se présenter aux bureaux de vote. Bien au contraire, les prévisions donnent une abstention de plus de 50%, de quoi conforter la thèse selon laquelle en démocratie participative, le droit au vote, est de plus en plus bafouée par les ayant droit, à savoir les citoyens !

Pauvre Tocqueville, lui qui craignait dans ses écrits le péril de la "dictature de la majorité". Il n’aurait jamais imaginé qu’on en serait arrivé à la "dictature de la minorité" !

Les citoyens renoncent à exercer leur droit-devoir de participer à la vie publique par leur vote... mais dès le lundi suivant, ils reprendrons bien leur habitude de critiquer, même farouchement, les élus qui ont volontairement laisser élire aux autres ! Allez comprendre...

Surtout si on fait d’un scrutin local, une campagne nationale. C’est un classique de toute élection intermédiaire, avec le pouvoir mis sous le feu des critiques par des oppositions qui tentent de tirer profit des mécontentements.

Le Rassemblement national met davantage en avant sa candidate Marine Le Pen à l’élection présidentielle en 2022 que ses têtes d’affiche en région (peu connues pour la plupart, trop clivantes pour certaines).

Le LR est déchiré entre son aile orientée à droite de la droite et celle qui préconise une alliance avec le centre macroniste. Le parti a perdu toute sa boussole et se contente de garder quelque place-forte locale pour des barons qui ne veulent pas perdre leur pouvoir.

La gauche est dans la confusion la plus totale, les socialistes à la traîne des hayatollahs verts qui veulent réinventer le monde mais qui, à la fin, se contentent d’un morceau de pouvoir et les avantages qui vont avec.

Quant à l’extrême gauche, son cas se prête à l’interprétation psychiatrique !

Dans la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur le duel entre le sortant Renaud Muselier et la candidat lepeniste Thierry Mariani est très combattu et de manière virulente.

Thierry Mariani est toujours en tête des sondages et dans tous les scénarios possibles. Il emporterait la région à l’issue des élections, même si la gauche se retire pour constituer le fameux "front républicain".

Renaud Muselier a opté pour une liste macro-compatible dès le premier tour et il s’est attiré les foudres des orthodoxes de son parti (ceux du "ni-ni", tel Eric Ciotti, le maire Cannes David Lisnard, le sénateur Henri Leroy qui ne voteront pas pour lui -au moins le 20 juin- et d’autres, comme Jean Leonetti, qui ont fait un choix pilatesque et attendent de voir comment ça va se passer).

Thierry Mariani, transfuge de LR, met en avant les sempiternels problèmes de sécurité, par ailleurs une compétence hors du périmètre de la collectivité régionale*, et propose un renforcement de... la police ferroviaire. Une région de cinq millions d’habitants au carrefour de la Méditerranée a comme priorité la petite criminalité dans les trains ? C’est quoi, un sketch ?

Thierry Mariani aurait mieux fait de mettre en clair ses rapports avec les cercles poutiniens et ses accoutumances avec le régime syrien, deux thèmes qui risquent d’être examinés avec attention par les instances européennes lors de l’approbation des dossiers de financement communautaires.*

Mais, comme toujours, il faut rester fidèles à la règle première de la vie démocrate : l’électeur a toujours raison. À lui la parole !

*Compétences régionales :

Transports (un quart de leur budget) : TER et routes interurbaines
Construction, entretien et fonctionnement des lycées (16% de leur budget)
Formation professionnelle (13%)
Aménagement du territoire (5%)
Soutien aux entreprises (soumis au préfet de région), administration de projets régionaux financés par l’UE

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