Régionales : le "pacte républicain" transforme l’essai

Le Rassemblement national, arrivé en tête en Paca au premier tour, n'a finalement pas réussi à remporter la région. Le président sortant LR, Renaud Muselier, s'est imposé à l'issue du second tour, avec 57,3 contre son adversaire Thierry Mariani (RN).

Le pari était audacieux, une liste commune avec le LREM, fortement controversée dans son propre camp par les orthodoxe du "ni-ni". Les polémiques féroces qui on suivi on eu comme conséquence la démission de Hubert Falco et Christian Estrosi, accusés de "malfaisance". D’ailleurs, dans les Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, David Lisnard et compagnie n’ont pas fait campagne électorale pour le candidat finalement maintenu par leur propre parti et ils ont voté blanc au premier tour. D’autres ont joué au Ponce Pilate.

Avec ces prémices, avec les sondages qui depuis deux mois annonçaient une large victoire du candidat du RN Thierry Mariani, la perspective était sombre. En fait, Renaud Muselier, avec l’apport substantiel de Christian Estrosi et d’autres, a déjoué les pronostiques, profitant bien sur du retrait des listes socialo-écologistes au second tour.

Donné à égalité avec son rival par les sondages de la veille, on peut se questionner sur l’écart abyssale qui sépare son score de celui de Thierry Mariani alors que le pourcentage des votants n’a que marginalement augmenté.

Ce dernier, a imputé à "un système coalisé" de partis, personnalités, influenceurs et porteurs d’intérêts divers sa défaite. En fait, son offre politique était réduite au slogan : "sécurité, immigration" dont les limites ont apparus évidentes tout au long de la campagne. Une région, carrefour entre l’Europe et la Méditerranée, ne se gouverne pas en promettant plus de vigiles dans les TER !

Une autre erreur du candidat RN a été de donner à cette élection l’apparence du tour de chauffe de la présidentielle 2022. Au contraire, Renaud Muselier a insisté, en plus de revendiquer un bilan positif de sa mandature, sur le caractère local de cette consultation, comme l’indique clairement son titre de campagne "Notre Région d’abord".

Un succès évident de cette stratégie et une belle satisfaction aussi pour Christian Estrosi, qui l’avait remporté en 2015 face à l’étoile montante d’alors Marion Maréchal, acteur de premier plan et inspirateur du "rassemblement" avec les macronistes et qui a placé bon nombre de ses affidés dans les listes électorales. En gardant la place du numéro 2 de la collectivité régionale, il aura la main pour en faire profiter la Métropole et la Ville de Nice.

De plus, il pourra faire peser les 60% de voix de sa liste, un score supérieur à celui obtenu au total.

Le Maire de Nice, a réuni en fin de soirée sur une plage, candidats, élus, et militants pour commenter les résultats électoraux et avec un bref discours dont les contenus politiques ne pouvaient être plus évidents : "Avec mon ami Renaud Muselier que je félicite, nous démontrons que c’est l’esprit de rassemblement et de dépassement qui a permis de conserver cette région si durement remportée il y a 6 ans. C’est la victoire de tous les démocrates et républicains".

Et de lancer un défi à ces "adversaires" locales de sa propre famille politique : "Je continuerai de lutter inlassablement contre tous les extrêmes, y compris les extrêmes masqués, ceux qui ont affirmé avant ce 1er tour qu’il n’y avait pas de différence entre Renaud Muselier et Thierry Mariani... Ces lepéno-compatibles ont cherché à saboter notre campagne dès le début."

"Nous avons refusé la fatalité d’une région gouvernée par l’extrême droite" a dit le président sortant et candidat à sa succession Renaud Muselier

Le Président Muselier a ensuite remercié chaleureusement le soutien de Bernard Tapie, "émouvant et décisif" et celui de Nicolas Sarkozy. Il a également salué le retrait de la liste de Jean-Laurent Félizia pour ce second tour et a eu un mot pour Jean-Marc Governatori évoquant une entente avec les écologistes.

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