Régionales : le psychodrame de la droite républicaine empoisonne la campagne électorale

Les "droites", étant réalistes il en faut compter au moins deux (en attendant que Thierry Mariani fasse valoir le nom de son micro-parti, Droite Nationale, en lieu de celui plus connu du Rassemblement National), ne sont pas prêtes de se réconcilier.

Les listes de Renaud Muselier n’accueillent donc ni ministre ni parlementaire, peu importe l’étiquette politique. Par conséquence, le ressentiment de certains élus s’est focalisé sur l’absence de parlementaires LR.

La solution trouvée par le comité stratégique de Les Républicains pour maintenir le soutien à Renaud Muselier n’est qu’un sparadrap qui n’arrive pas à cicatriser la blessure, elle est trop profonde.

Renaud Muselier a beau répéter qu’il reste loyal à son parti et qu’il ne s’empêchera pas de critiquer la politique du gouvernement à l’avenir, le message ne semble pas passer dans les Alpes-Maritimes.

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a déjà annoncé et répété qu’il ne voterait pas Renaud Muselier au premier tour et ses troupes ont bien reçu le signal. Quand au second tour... on verra bien ! Comme discipline de parti on a vu mieux.

Entre les barons locaux de la droite républicaine la bataille du pouvoir bat son plein. Elle est anoblie par des grands propos et des belles paroles : nos valeurs, nos principes etc. En fait, il s’agit tout simplement d’avoir des "strapontins" locaux, régionaux aujourd’hui, et de se positionner pour ceux nationaux, demain.

"Qu’ils restent donc à la maison ! Les parlementaires ne pensent qu’à leur implantation locale pour faire de la politique nationale, rétorque Renaud Muselier.

Certains, revanchards, voudraient lui faire payer l’affront et hésitent désormais à soutenir en sous-main la liste menée par Thierry Mariani. Au fond c’est un ancien collègue de notre parti- disent-ils- on pourra toujours trouver des ajustements avec lui autant qu’avec Renaud Muselier qui joue "perso" "

"Moi, je reste concentré sur mon territoire, évacue Renaud Muselier. On peut aussi respecter ma stratégie. Je veux juste rester dans une élection régionale et battre la liste du RN. Car contrairement à Eric Ciotti, on en a des choses à dire, nous, sur nos différences avec le RN et ce n’est pas qu’une question de gouvernance."

Le psychodrame de la droite continue et affectera ses acteurs tout au long de la campagne électorale.

Au final, comme en 2015 pour Christian Estrosi, la victoire de la droite républicaine passera par un effacement de la gauche ? Pas sûr que cette fois-ci l’appel, si appel il y aura, trouvera oreilles attentives et surtout "généreuses".

L’autre fois, l’ordre venu de Paris, motivé par des raisons de politique générale fut exécuté sans un pli et la gauche a disparu de l’hémicycle pendant plus de cinq ans.

Cette fois-ci, il y une nouvelle génération de candidats, motivés, prétentieux et qui veulent goûter au pouvoir. Il est pratiquement impossible qu’un accord éventuel soit sans contrepartie. L’expression "Gratis et amori dei" n’est pas dans le vocabulaire de la gauche écologiste et sociale !

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