Régionales : une liste à connotation " majorité présidentielle" soutiendra la candidature de Renaud Muselier

Après les bruits, les avant-propos et les tergiversations...on y est : Renaud Muselier et les macronistes feront liste commune aux élections régionales. La chef de file désignée par LREM dans la région, Sophie Cluzel, ainsi que "des représentants de la majorité parlementaire vont intégrer le dispositif conduit par Renaud Muselier", a annoncé le Premier Ministre Jean Castex, chef de la majorité présidentielle.

Derrière cette communication, on peut déjà spéculer si cette liste à connotation "présidentielle" peut-être une prémisse d’une future élection en 2022.
La nouvelle de cette formule ( ou combiné pour son opposant désigné du RN qui depuis quelque temps dénonce cette alliance des "Républicains en Marche) a provoqué l’explosion des équilibres politiques au sein des collectivités azuréennes, pour la plupart aux mains des élus LR.

L’intéressé, Renaud Muselier, a choisi le profil bas en revenant sur son slogan " la voie du rassemblement contre les extrêmes est celle de la raison, et du bon sens". Et de préciser : "Je le dis clairement : sans accord d’appareils, sans alliance ni fusion, en toute liberté, je suis candidat sur la ligne de l’honneur, de la fidélité à mes combats pour mon pays, pour ma région. C’est elle qui passera toujours d’abord !"

Christian Estrosi, qui n’est certainement pas étranger à cet accord, a bien évidemment apporté tout son soutien à "mon ami Renaud" : "Je le soutiens avec force parce que je veux que notre Région continue à porter des valeurs de tolérance et de responsabilité et parce que contrairement à ceux qui ne pensent qu’aux échéances présidentielles ou législatives, nous n’avons pour objectif que de faire avancer les Alpes, la Provence et la Côte d’Azur".

Même discours , "soutien plein et entier" d’Hubert Falco : "Rassembler des femmes et des hommes face à l’extrémisme a toujours été ma ligne de conduite " Par contre , l’annonce passe mal au sein d’une partie des élus Les Républicains. "Un coup de poignard dans le dos" pour Eric Ciotti, chef de file des "orthodoxes" , député des Alpes-Maritimes, mais aussi président de la commission nationale d’investiture des Républicains.

Sur la même ligne, le maire de Cannes David Lisnard, évoque "des arrangements politiciens qui réduisent le débat à un duel-duo mortifère LREM/RN". Dans le journée , le président des LR Christian Jacob s’est prononcé pour le retrait de l’investiture de son parti à Renaud Muselier en dénonçant une manœuvre purement politicienne. ""La peur de perdre des uns ajouté au cynisme des autres n’a jamais fondé une ligne politique" écrit le chef de file des Républicains.

Les dès sont maintenant jetés et la question qui se pose maintenant est simple : il y aura-t-il une autre liste LR en PACA ? Et dans ce cas, qui la conduira ?
Reste le fait que l’unité , que depuis longtemps n’était que de façade, des Les Républicains a bel et bien volé en éclat. Le parti, au moins dans la région, est divisé en deux : une partie " orthodoxe" qui regarde vers l’électorat du RN essayant de l’aspirer par une offre politique équivalente . Puis , les "réformateurs" qui veulent moduler leur action par la proximité et les réformes au nom du pragmatisme.

Après deux défaites consécutives aux élections présidentielles et législatives ( en 2012 par François Hollande et les socialistes, en 2017 par Emmanuel Macron et les marcheurs ), il serait temps de changer de registre et abandonner les velléités de refaire le coup réussi par Nicolas Sarkozy en 2007 : siphonner les votes de l’extrême droite en sa faveur.

En politique, l’expérience enseigne que la nostalgie du passé n’est pas la meilleure conseillère. Faire les mêmes erreurs opiniâtrement non plus.

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