Vaccination : 7 grandes questions que l’on est en droit de se poser (5)

Un ou plusieurs vaccins ?

Le débat sur la vaccination qui s’est installé depuis quelques jours souffre d’un facteur de complexité inédit : ce n’est pas un vaccin dont il s’agit mais de plusieurs vaccins qui sont d’ores et déjà sur la table. Trois d’entre eux ont bénéficié d’une notoriété extraordinaire du fait de l’effet d’annonce ménagé par leurs laboratoires : le vaccin de Pfizer, celui de Moderna et plus récemment le vaccin d’AstraZeneca. A ce trio il faut ajouter le vaccin de l’institut de recherche russe Gamaleya, qui revendique pour son produit une efficacité de 92%.

Tous ces vaccins ont leurs caractéristiques propres car ils ont été développés selon des procédés différents. Pfizer et Moderna sont des vaccins « à ARN messager », qui utilisent des morceaux de matériel génétique modifié. Tandis que celui de Gamaleya est « à vecteur viral », utilisant un autre virus modifié pour l’adapter à la lutte contre le Covid-19.

Ces différences expliquent pourquoi les taux d’efficacité affichés répondent à des réalités beaucoup complexes que celles décrites dans les annonces. On ne connaît pas la durée respective de leurs effets, pas plus qu’on ne sait quel est leur niveau d’efficacité selon les différents types de publics auxquels ils sont administrés.

Certains vaccins semblent adaptés à une « vaccination de masse » visant à réduire voire éradiquer la circulation du virus ; d’autres n’offrent pas de garantie suffisante pour assurer une immunité collective, mais sont en revanche efficace pour assurer une protection individuelle suffisante à des publics dits « à risque ».

De ce fait ajuster une stratégie vaccinale à ce stade de connaissance est particulièrement ardu. Il faudra se tenir prêts à une analyse approfondie des données scientifiques des essais cliniques pour définir la bonne stratégie de mise en œuvre et jouer sur la palette des vaccins disponibles.

source : UP’mag

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