Vaccination : 7 grandes questions que l’on est en droit de se poser (6)

Le vaccin sera-t-il obligatoire pour se déplacer ?

Alors que la plupart des États rechignent, compte-tenu du contexte de défiance vaccinale, à envisager une vaccination obligatoire de leur population, dans les faits, celle-ci pourrait le devenir. Le signal vient des compagnies aériennes et en premier lieu de la compagnie australienne Qantas dont le président a annoncé qu’il faudrait être vacciné pour voyager dans ses avions.

Repris ensuite par le monde entier, l’annonce a inquiété. « Quand la vaccination se cache dans le non-accès aux loisirs », peut-on lire sur les réseaux sociaux, « demain on privera de voyage, de théâtre, de cinéma, ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ».

Des craintes infondées, la position australienne restant pour l’instant marginale. Mais elle pourrait être suivie par d’autres pays s’ils jugeaient les entrées sans vaccination sur le territoire comme un danger pour la santé publique. Juridiquement, la souveraineté des États en matière de santé est prééminente. D’autant que l’idée n’est pas nouvelle puisque de nombreux pays obligent déjà les voyageurs à se faire vacciner contre des maladies endémiques (comme la fièvre jaune, par exemple) avant de les laisser poser un pied sur leur sol.

Pour le moment, les compagnies du monde entier évitent de trop s’avancer sur la vaccination et son caractère obligatoire. Il faudra encore des mois avant que les campagnes de vaccination ne se généralisent, notamment en Europe ou aux Etats-Unis. Leur priorité est donc de tester les passagers, à l’aide de tests antigéniques rapides bien que moins fiables que les tests PCR. C’est encore la position des trois alliances mondiales de compagnies aériennes (Oneworld, Star Alliance et SkyTeam) qui représentent 60% des passagers. Toutefois, elles ne manquent pas évoquer la mise en place d’un « passeport santé » qui centraliserait numériquement les données des passagers sur le Covid-19. Un tel passeport pourrait récapituler les tests réalisés et, évidemment, indiquer si le voyageur est vacciné.

Un tel passeport est déjà actuellement testé depuis quelques jours à l’aéroport de Heathrow à Londres. Le « CommonPass », développé par l’ONG suisse The Commons Project, soutenu par le Forum économique mondial de Davos (celui-là même qui est pointé par le documentaire Hold-UP comme grand ordonnateur de la pandémie actuelle), permettait ainsi de se passer des certificats de tests (puis de vaccination) en papier qui sont facilement falsifiables. Des passeports numériques qui auront probablement vocation à se maintenir après la crise du Covid-19 pour prévenir d’autres épidémies potentielles. L’application pourrait aussi, à terme, remplacer le passeport papier.

Partager

Laisser un commentaire