L’annonce de la privatisation de l’aéroport Nice Côte d’Azur déclenche de nouvelles polémiques

L'annonce de la possible privatisation de l'aéroport de Nice, dans le cadre de la loi Macron sur l'activité et la croissance, vient d'être rendu publique et elle a provoqué l'immédiate réaction négative du Maire de Nice et Président de la Métropole.

Christian Estrosi le dit très clairement : "Je me suis entretenu, il y a quelques jours, avec le Ministre au téléphone et je lui ai réaffirmé ma position : Comme je l’ai déjà indiqué en août dernier, je ne souhaite pas que nous laissions brader notre aéroport ! Il est totalement impensable que la Ville de Nice et l’État ne restent pas majoritaires à l’actionnariat".

La motivation de ce choix est quelque peu difficile à comprendre : "L’aéroport Nice Côte d’Azur est un outil d’aménagement du territoire, au cœur de l’Opération d’Intérêt National de la Plaine du Var Eco-Vallée, dans lequel la collectivité souhaite garder la maîtrise. Je refuse que notre aéroport devienne un hub régional pour compagnies low cost. Il ne faudrait pas que des capitaux étrangers viennent prendre le contrôle de notre aéroport, comme c’est en train d’être le cas à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, avec l’offre d’investisseurs chinois pour le rachat de la participation de l’État dans le capital de cet aéroport".

Cette explication est vraiment curieuse : Homme de droite, Christian Estrosi est partisan d’un modèle économique libéral. En tant que député, il a certainement assisté ou voté des privatisation de sociétés d’État bien plus importantes qu’un aéroport !

En premier lieu, on se demande la raison de cette opposition à l’entrée éventuelle de capitaux étrangers alors qu’une des clé de l’attractivité d’un territoire, recherchée par tous au niveau mondial, est justement l’apport d’investisseurs étrangers.

De plus, en ancien Ministre de l’Industrie, le maire de Nice devrait connaître la situation précise de la présence des sociétés à capitaux étrangers en France. Les cas sont tellement nombreux et certains très récents. Sa remarque est vraiment surprenante et on espère que son modèle ne se soit pas de la simple autarcie !

En tous cas, si cette privatisation devait se faire, la solution serait simple : En faire délibérer l’achat aux collectivités locales en y mettant le prix qu’il faut.

Si ce n’était pas le cas , reste à comprendre la logique du jugement négatif que le maire de Nice a exprimé à titre préventif : Pourquoi un investisseur (étranger ou pas) devrait acquérir une activité pour mal la gérer et ainsi la déprécier alors que son intérêt sera plutôt le contraire pour un juste retour et une valorisation de son investissement ?

Enfin, cet épisode montre bien que la voie des réformes et de l’équilibre budgétaire est longue et bien escarpée.

Tout le monde réclame à grand renfort de paroles "moins d’état’ et "plus de libéralisme" dans l’économie et l’entreprise pour plus d’efficacité. Puis, quand on commence à s’y mettre, et réduire le périmètre des activités publique en est la première des actions, on pousse des cris de stupeur !

Un aéroport commercial, aussi performant soit-il, ne représente quand même pas une part stratégique de la politique nationale...

Partout dans le monde, il y a des aéroports de propriété privée et gérée de manière efficace qui répondent très bien aux exigences du territoire et des passagers : pourquoi cela ne devrait-il pas être le cas à Nice ?

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