L’hôtel Days Inn by Wyndham Nice : le petit dernier de Summer Hôtels

Le groupe est composé de neuf hôtels répartis sur la Côte d'Azur. Six établissements se situent à Nice, deux sont à Menton et le dernier à Cannes. Laurent Rossi, directeur exécutif du groupe, nous raconte comment il fait face à la crise qui touche actuellement le secteur du tourisme.

Pourquoi s’implanter à Nice ?

Parce que nous sommes des hôteliers Niçois. Ça fait vingt ans que je travaille dans l’hôtellerie niçoise. Avec monsieur Bernard Leng, le propriétaire du groupe, on est amoureux de la côte d’Azur. On est sûr de son potentiel économique.

L’emplacement qui est hyper central, sa capacité de soixante-quatre chambres. C’est un beau produit qui mérite d’être rénové comme les huit autres hôtels du groupe. Au niveau du groupe, on veut doubler à minima vingt à vingt-cinq hôtels sous cinq ans entre Nice Cannes et Menton.

Qu’est qui vous différencie des autres hôtels ?

On a une vrai ADN chez Summer Hôtels, aussi bien au niveau des équipes où la qualité, l’accueil et l’humain est pour nous déterminant. Le deuxième aspect est qu’on rénove nos hôtels. Ils sont beaux et qualitatifs. Ça va de la literie jusqu’à la rénovation complète des chambres en passant par les petits-déjeuners. Avec nos neuf hôtels, on a plus de 600 chambres sur la côte d’azur. On est totalement indépendant. Il appartient à une seule personne.

Comment s’est déroulé le confinement pour le groupe ?

Ça a été compliqué. On a dû fermer nos hôtels comme tout le monde. Durant la fermeture, on a eu la chance de pouvoir continuer à rénover. On a eu une bonne veille commerciale. On est arrivé au point zéro comme tout le monde.

Et la reprise ?

Nos réservations ont été annulées, elles ont repris un tout petit peu depuis le 11 mai. La réouverture des restaurants en juin nous a fait du bien. On voit une arrivée des réservations depuis l’ouverture des frontières intra-européennes le 15 juin. Enfin, depuis le 1er juillet, on a l’ouverture des frontières à l’internationale, même si nos marchés prédominant comme les USA restent fermés.

À ce jour, comment est votre situation ?

On a fermé le 19 mars. L’hôtel Masséna a rouvert le 18 mai et le dernier le 29 juin. Trois mois de fermeture, c’est une perte de chiffre d’affaire non négligeable. On est très en colère contre nos assureurs. Ils fuient leurs responsabilités et leurs obligations de dédommager à minima 15% de nos tarifs d’exploitation.

On est sur notre force commerciale. Ici au siège de Summer Hôtels, vous avez la direction marketing, commerciale et financière. On sait que d’habitude, nos hôtels performent. À Nice, on a un taux de remplissage de 93% à l’année.

Cette année, on ne le fera pas, mais on sait que notre offre commerciale va nous permettre de remplir l’hôtel. Summer Hôtels se situe sur des hôtels trois étoiles+ et quatre étoiles. On n’est pas sûr des cinq étoiles. La clientèle cinq étoiles, on ne sait pas si elle sera présente.

Pourquoi ?

On ne peut pas aller dans tous les sens. On a ciblé les trois et quatre étoiles qui sont des marchés porteurs avec une clientèle existante très importante et des taux de rentabilité qui sont sans comparaison.

Selon vous, dans quel état est le secteur de l’hôtellerie ?

Le secteur de l’hôtellerie est sinistré. Summer Hôtels est solide financièrement, je m’inquiète cependant pour la profession en elle-même et mes collègues. Il y a des gens qui travaillent sérieusement et risquent d’être en difficulté en octobre. Une société qui doit être en difficulté, c’est parce qu’elle a fait une erreur de gestion. Il y a cependant des gens qui ne font pas d’erreurs et qui seront impactés.

Qu’elle est votre stratégie pour tirer votre épingle du jeu ?

Pour faire revenir la clientèle, il faut qu’on fasse notre métier de commerçant. Proposer des services de qualité, avoir le sourire et être proche de nos clients.

On travaille avec la ville de Nice et le CRT (Comité Régional de Tourisme). On essaye comme toutes les régions de faire de la publicité. Notre force est la proximité entre la mer et la montagne. L’hôtellerie Niçoise est de qualité mais on a des concurrents.

Comptez-vous procéder à des licenciements ?

On n’a fait aucun licenciement, aujourd’hui avec le chômage partiel, il n’y a pas de raison de le faire. C’est grâce à sa création que dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration qu’il n’y a pas eu encore de licenciement.

Quand il s’arrêtera, la question se posera. J’ai la chance d’avoir un fort taux d’occupation dans le groupe. On va faire rentrer l’intégralité de notre personnel. Aujourd’hui, il y en a peu qui sont encore chômage partiel, c’est souvent à leur demande car l’année scolaire se termine.

Êtes-vous confiant pour le futur ?

La saison sera courte et très moyenne et loin des saisons passées. On va se battre sur 2020 et on espère qu’en 2021, tout reparte. On voit les prévisions sur juillet et août qui sont faibles. On peut noter que Cannes et Menton sont un peu en avance sur Nice. La raison est que peut-être, elle accueille une clientèle un peu plus internationale que Cannes ou Menton.

Tant que les aéroports seront fermés, on aura un vrai problème. Tant qu’à l’international, les flux de population ne redémarrent pas, on sera en réelle difficulté.

Comment réagit votre clientèle face à ces nouvelles normes ?

Ils nous posent beaucoup de questions. Il y a beaucoup plus d’appels téléphoniques avant leur séjour. Ils veulent des informations et sont souvent rassurés par la suite. Ça les invite à consommer. Lorsqu’ils sont dans l’hôtel, on les sent plus décontractés.

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Jane Doe

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