Lutter contre l’échec scolaire, le combat de l’Afev

L’échec scolaire, l’Afev en a fait son combat. Lors de la journée pour la lutte contre l’échec scolaire, créée en 2008, l’association est revenue sur ce fléau qui touche encore 8,2% des élèves.

L’échec scolaire en quelques chiffres

Chaque année, 80 000 étudiants sortent sans diplôme et 8,6% des élèves sont en décrochage scolaire. Ce phénomène est accentué lorsque les élèves sont victimes de harcèlement scolaire, qui touche 10% des élèves.

Cette journée était l’occasion pour Caroline Hache, enseignante chercheuse en science de l’éducation et de l’information à l’université Aix-Marseille, et François Dubet, professeur de sociologie à Bordeaux II et à l’école des hautes études en sciences sociales, de discuter autour des inégalités éducatives.

L’échec scolaire est en effet plus présent dans les milieux défavorisés et zones d’éducation prioritaire (appelées REP et REP +). Par exemple, en REP+, 21% du temps de cours est destiné à gérer le climat de cours - soit 12 minutes pour une heure de cours - contre seulement 12% dans le privé - soit 7 minutes. Ainsi, les élèves en éducation prioritaire partent avec un inconvénient puisque leur temps d’apprentissage est réduit.

La crise sanitaire a également été mentionnée. Elle n’a, selon les deux experts présents lors de cette journée, fait que creuser les écarts entre les élèves issus de milieux défavorisés et ceux issus de milieux favorisés. Les élèves n’ayant pas le matériel adéquat tel qu’un ordinateur par exemple, partaient eux aussi avec des difficultés à étudier depuis chez eux. Selon François Dubet, la crise sanitaire « n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà ».

À propos de l’Afev

Créée il y a trente ans, l’Afev est une association dont les bénévoles s’engagent à accompagner un jeune âgé de 5 à 18 ans et ayant des difficultés à l’école, 2 heures par semaine tout au long de l’année. L’Afev agit principalement en se basant sur un système de mentorat étudiant.

Depuis 1991, plus de 200 000 élèves sont passés par cette association et ceux qui en parlent le mieux, ce sont ceux qui l’ont vécu. Abdelhakim Madi, aujourd’hui en mission en service civique pour l’Afev, a d’abord connu l’association car il a lui-même été mentoré pendant quatre ans. Une expérience sans laquelle, il l’admet, il n’aurait pas obtenu son baccalauréat.

En 2020, l’Afev comptait plus de 9400 bénévoles en France dont 200 niçois et cette année, 1500 jeunes sont attendus pour intervenir auprès d’eux en région PACA. En plus de l’aide qu’ils apportent aux jeunes qu’ils épaulent, leur engagement se voit récompensé dans leurs études très souvent par une bonification de 0,25 point sur leur moyenne.

Malek, mentor à l’Afev depuis quatre ans, affirme que l’expérience est bénéfique autant pour le mentor que le mentoré. Elle a qualifié son engagement d’« expérience très enrichissante, autant pour moi que pour la jeune ». « On a grandi ensemble, c’était vraiment un échange mutuel entre nous deux », a-t-elle poursuivi.

Aujourd’hui, deux jeunes sur cinq sont engagés dans du bénévolat et déclarent principalement le faire car ils ont la volonté de se rendre utile. Enfin, les 45% de jeunes n’ayant jamais fait de bénévolat avouent que c’est, dans la plupart des cas, soit par manque de temps, soit par manque d’occasion.

Voilà des chiffres qui devraient faire taire les mauvaises langues concernant la jeunesse actuelle…

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Jane Doe

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