Terre battue : yes we Cannes !

Roland Garros bat son plein, et les journalistes du monde entier rivalisent d’imagination et titrent "Paris, temple de la terre battue" à chaque coin de rubrique. Oui mais, la Griotte remet les fuseaux horaires à l’heure de Greenwich en un jeu décisif, en rappelant que ces courts en terre battue ont été inventés non pas à l’ombre de la porte d’Auteuil mais pas très loin de la Croisette, à Cannes, par des champions de tennis anglais. Amazing no ?

William Renshaw vient une nouvelle fois de gagner le tournoi de tennis sur l’herbe bien verte de Wimbledon en ces années 80, en simple et…même en double avec son frère jumeau Ernest. Entre chaque tournoi, ils passent l’hiver là où tous les Anglais de la high society se retrouvent en cette fin du XIXe siècle : sur la Côte d’Azur, et plus particulièrement à Cannes.

Pour ne pas perdre la main, ils y ont créé un club de tennis avec des courts en gazon of course. Oui mais voilà… l’herbe verte qui sied si bien au climat anglais, s’accommode fort mal du soleil azuréen.

Alors qu’ils se promènent dans les environs, les Renshaw remarquent une drôle de poudre de terre brune, échappée de poteries en miettes de Vallauris. Ils ont l’idée d’en recouvrir les courts cannois en lieu et place du green grillé.

C’est ainsi que sont nés les courts en terre battue, qui recouvriront ensuite les courts de Nice où s’illustra Suzanne Lenglen et le dernier des 4 tournois du Grand Chelem créé en 1928 : Roland Garros. Voilà qui paye les pots cassés non ?

Ce sont donc des Anglais, champions de tennis sur herbe, qui ont créé les courts en terre battue du tournoi de Roland Garros, baptisé du nom d’un célèbre… aviateur. Rigolo non ?

Aujourd’hui, la terre battue de Roland Garros ne vient plus des rivages méditerranéens mais d’une briquetterie de Templeuve (la bien nommée), une bourgade de 5000 habitants de la campagne lilloise.

La Griotte

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