L’exposition itinérante « Biennale des Arts 2019 : La Victorine dans l’œil des Mirkine » poursuit son parcours

Pour la première fois depuis la création d’une Biennale des Arts en 2013, une exposition itinérante est organisée hors les murs, dans l'espace public. Les passants sont ainsi invités, le temps d’une promenade, à se plonger dans l’univers magique des plateaux de cinéma, à la rencontre des stars internationales et des réalisateurs de renom qui ont fait la gloire des studios de la Victorine…

Après l’Aéroport Nice Côte d’Azur, la Place Masséna et la Promenade du Paillon, l’exposition sera sur la Promenade des Anglais, face au Centre Universitaire Méditerranéen, jusqu’au 25 septembre.

Elle rejoindra ensuite les Studios de la Victorine à l’occasion des Journées Portes Ouvertes les 28 et 29 septembre prochains, et complêtera ainsi la riche programmation prévue à ce titre.

LA SAGA MIRKINE 1933-1983

Léo Mirkine, né à Kiev en 1910, immigre en France en 1919, fuyant la Révolution d’octobre et débarque à Nice. Après des études au Lycée Masséna de Nice, il « monte » à Paris, étudie les Arts et l’Architecture et commence à s’initier à la photographie. Talentueux, polyglotte et charismatique, dans la période d’avant-guerre, il devient très vite photographe de plateau pour les grands réalisateurs de l’époque (Christian-Jaque, Julien Duvivier, Abel Gance).

En juillet 40, pendant la guerre, il retourne à Nice, en zone libre, et ouvre alors son magasin « Studio Mirkine : Tout pour le Cinéma et la Photo », alterne les reportages, les portraits et les incursions sur les plateaux des mythiques studios de la Victorine. Très vite, sa boutique du 88, rue de France devient la boîte aux lettres des mouvements de libération Combat et Quatorze Juillet, un studio clandestin où sont réalisés photos d’identité et faux papiers. Recherché par la Gestapo, Mirkine ne fuit pas pour autant les plateaux puisqu’on le retrouve sur Les Visiteurs du Soir (1942) ou encore Les Mystères de Paris (1943). Il est arrêté en juillet 1944 alors qu’il travaille sur Les Enfants du Paradis de Marcel Carné.

Dès les années 50, Léo est bientôt rejoint par son fils Yves dit « Siki » qui va contribuer à élargir la participation des Mirkine au 7e art. Ce sont les années fastes pendant lesquels les magazines se disputent leurs clichés, les majors américaines leur donnent libre accès à leurs stars. La mode est aux studios de cinéma de la Victorine à Nice, Mirkine s’y installe et devient naturellement photographe de plateau sur les plus grands classiques du cinéma français, notamment La Belle Meunière de Marcel Pagnol, Et Dieu... créa la femme de Roger Vadim qui va révéler au monde entier la jeune Brigitte Bardot, l’ésotérique Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau avec Jean Marais ou bien le tourbillonnant Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque avec Gérard Philipe…

En un demi-siècle, Léo puis Yves ont ainsi vécu puis restitué de « l’intérieur » le tournage de plus de 150 films.

Stéphane Mirkine (petite fille de Léo, fille de Yves) se sent messagère de leur talent et décide de faire revivre ce patrimoine familial de plus de 120 000 négatifs pour que la saga continue.

L’OEIL MIRKINE

Virtuoses du Rolleiflex, ils savaient capter en un millionième de seconde la magie de l’instant. Léo et Yves Mirkine n’étaient pas de simples photographes. Ils étaient des survivants. Ils savaient mieux que quiconque le prix de la légèreté, de la beauté, de la lumière. Les vedettes d’alors ne résistent pas au talent et à l’empathie que dégagent les Mirkine. Elles ne sourient pas à leur propre reflet mais au photographe qui ne les trahira pas et qui saura donner de la noblesse à un instant anodin. Une confiance souvent née sur les plateaux de tournage et entretenue sur les marches du Festival de Cannes. C’est cette complicité singulière qui donne aux clichés Mirkine un regard si particulier. Sur les photographies Mirkine, les stars apparaissent disponibles, en confiance avec une volonté de partager, une envie de faire plaisir.

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