Le Crucifixion par Louis Brea retrouve toute sa splendeur

Après de longs travaux de restauration le retable de la Crucifixion datant de 1512 a retrouvé sa splendeur et a été présentée au public à la Ville Masséna en cette veille de Vendredi Saint.

Ce tableau de Louis Brea a connu plusieurs restaurations. Il trônait dans l’église du monastère de Cimiez. En 2015 il s’avère qu’il faille réaliser une restauration plus importante. Le tableau est donc transféré à Marseille dans les ateliers interdisciplinaires de conservation et de restauration du patrimoine.

L’œuvre une fois restaurée est présentée au musée Masséna dans des conditions hygrométriques strictes, afin de ne pas l’endommager. C’est d’ailleurs la cause de sa présence au musée Masséna. Pour la contempler, la salle est à accès limité en nombres de personnes.

Des travaux sont actuellement réalisés au monastère de Cimiez avant son retour, toujours dans ce souci de température. Il a fallu trois ans de 2015 à 2018 pour achever le diagnostic, les recherches et la restauration. L’œuvre étant réalisée sur du bois, il faut tenir compte des mouvements, des réactions de la peinture, du travail du bois, un travail en amont pour prévenir l’usure du temps et en aval pour garantir au retable une bonne conservation.

L’œuvre est impressionnante dans sa composition. N’oublions pas son époque, le début du XVI° siècle. Cinq éléments la composent, en bois de peupliers pour quatre d’entre eux et de résineux pour le cinquième.

Le tableau représente la crucifixion de Jésus. Nous sommes à Jérusalem, le christ agonise et meurt devant ses derniers fidèles. Sa mère est là, mère de douleur, le disciple Jean aussi. On peut être surpris par les costumes des deux sujets présents à droite, leurs habits correspondent à cette période de la renaissance. Plusieurs explications dont celle, la plus probable, Louis Brea aurait représenté les commanditaires de son tableau. Les mécènes à cette époque se faisaient représenter sur les tableaux.

Louis Brea est niçois, né à Nice vers 1450 et mort dans la même ville en 1523. Son père Moneto Brea tonnelier dans la rue de la Barillerie où Louis installera son atelier.

La qualité de prieur des pénitents noirs de son père prouve le caractère intellectuel de cette famille. Le public peut désormais, en attendant les conditions optimums du monastère de Cimiez, le contempler au musée Masséna ouvert tous les jours sauf le mardi.


Thierry Jan

Les experts présents : Robert Jourdan, Conservateur Régional des Monuments Historiques représentant la DRAC, Laurent Hugues, Conservateur des monuments historiques pour les Alpes-Maritimes et le Var, Christophe Curial, Chargé de conservation et de restauration des patrimoines des Alpes-Maritimes et des bâtiments publics d’Aix-en-Provence et Danièle Amoroso, Conservateur-restaurateur de peinture sur toile et panneaux peints.

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