Une exposition de la photoreporter Sarah Caron au Musée des Arts Asiatiques

Photoreporter à la renommée internationale, Sarah Caron expose 17 photos au Musée des Arts Asiatiques jusqu'au 06 octobre 2019.

« Les derniers Kalash de l’Hindu Kush » raconte l’immersion de la photographe au sein de la société des Kalash. Ce peuple animiste et polythéiste se trouve au Kafiristan, un ensemble de trois vallées (Birir, Rumbur et Bumburet) qui se situe au Nord-Ouest du Pakistan. Sarah Caron s’y est rendue pour la première fois en 2016, malgré les difficultés d’accès à cet espace cerné par un paysage extrêmement montagneux. Certains chemins en lacets sont perchés à 3000 mètres d’altitude et demandent plusieurs heures pour les parcourir. Cela n’a pas empêché la photoreporter de réussir à rejoindre cette population fragile, et à immortaliser leur culture et leur mode de vie.

Le Kafiristan était un État indépendant jusqu’au XVI ème siècle, puis fut séparé au XIX ème siècle par la ligne Durand établie par les britanniques. 25 000 personnes, à l’époque, en constituaient la population. Une grande partie fut décimé en Afghanistan et les survivants de ces persécutions se réfugièrent au Pakistan.

Par ses clichés, Sarah Caron dévoile la richesse de la culture Kalash, et surtout, la place centrale occupée par les femmes dans leur société. On apprend, par exemple, que le mariage arrangé et le célibat n’existent pas, ce sont les femmes (de 15 à 18 ans) qui choisissent leurs maris sans le consentement de leurs familles. Elles ont également le droit de divorcer plusieurs fois pour bâtir de nouvelles relations. Malgré ces libertés, une intolérance religieuse est croissante au sein des Kalash, et des conversions forcées à l’Islam ont lieu de plus en plus souvent. C’est aussi la force des images de Sarah Caron, qui dévoilent une certaine légèreté et la beauté des tenues traditionnelles Kalash en accord avec la nature, malgré toute la pression qui pèse sur les 4000 représentants restant de ce peuple.

Sarah Caron a voyagé à travers le monde au cours des 20 dernières années pour le compte de grands magazines internationaux et des projets personnels. Depuis le début de sa carrière, elle a reçu de nombreux prix, tel que le Prix Canon/AF de la femme photojournaliste en 2012 pour son travail sur les femmes pachtounes.

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Jane Doe

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