Villa Arson : "Le reenactment de l’histoire allemande" par Eric Michaud

Le cycle de conférences d’Histoire de l’Art et des Idées que la villa Arson – école nationale supérieure d’art – inaugure cette année s’inscrit en appui de l’enseignement qui y est donné. Ce soir à 19 heure la deuxieme conference : le reenactment de l’histoire allemande par Eric Michaud

« Ma biographie est la biographie de l’Allemagne » aime répéter Kiefer. En identifiant délibérément sa propre histoire à celle de son « pays », l’artiste semble avoir acquis tous les droits d’une mémoire collective nationale qui demeure à vif, soixante-quinze ans après la fin des crimes du national-socialisme.

Or, depuis les reenactments provocants du salut nazi de ses premières photos de 1969, les critiques des œuvres de Kiefer évoquant, de près ou de loin, l’histoire de l’Allemagne nazie se déclinent de trois manières très distinctes. Soit ces critiques font l’apologie pure et simple de ces œuvres, soit elles en affirment la condamnation la plus radicale, soit encore elles font l’éloge de leur « ambiguïté » ou de leur « ambivalence ».

En interrogeant la relation à l’histoire qu’instaure tout reenactment, la conférence examinera la portée de chacune de ces positions critiques.

Eric Michaud est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Paris.

Il a été professeur invité à Johns Hopkins University, Duke University, University of Virginia, New York University et Universidad Nacional de San Martín, Buenos Aires. Ses recherches portent sur les figures de l’homme nouveau aux XIXe et XXe siècles, au croisement de l’art, de la politique, de la propagande et de la notion de race. Il a notamment publié Théâtre au Bauhaus (L’Âge d’Homme 1978), Un art de l’éternité. L’image et le temps du national-socialisme (Gallimard 1996), Fabriques de l’homme nouveau, de Léger à Mondrian (Carré, 1997), Histoire de l’art : une discipline à ses frontières (Hazan, 2005), Les invasions barbares. Une généalogie de l’histoire de l’art (Gallimard, 2015), La fin du salut par l’image et autres textes (« Champs », Flammarion, février 2020).

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