Villa Arson : L’art et la vie par Maurice Fréchuret

Le cycle de conférences d’Histoire de l’Art et des Idées que la villa Arson – école nationale supérieure d’art – inaugure cette année s’inscrit en appui de l’enseignement qui y est donné. Ce soir à 19 heure la premiere conference : L’art et la vie par Maurice Fréchuret

De L’Art dans tout, un regroupement de créateurs qui se forme à l’extrême fin du XIXe siècle aux protagonistes du mouvement Arts & Crafts et à tous les autres artistes influencés par la pensée de John Ruskin, une redéfinition de l’art doit nécessairement être menée, souvent en accord avec les mouvements politiques les plus engagés.

Au XXe siècle, un tel questionnement sera au cœur de la réflexion et de la pratique de nombreux mouvements artistiques. Le questionnement se pose avec âpreté pour les Dadaïstes et pour nombre de mouvements d’avant-garde du début du XXe siècle. Après la seconde guerre mondiale, et sans doute parce jamais autant qu’à ce moment la personne humaine et son existence même ont été niées, le rapport de l’art et de la vie est au centre de tous les questionnements. Les Lettristes révolutionnaires engagent alors une réflexion que les Situationnistes vont poursuivre et développer de manière exemplaire.

Au même moment, en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Asie, des mouvements se constituent avec comme objectif de dépasser la pratique artistique en la transformant en autant de séquences de vie. Fluxus, Gutaï et d’autres mouvements comme les Neo Dada Organizers ou le High Red Center, les groupes Ecart et Untel… sont, à ce titre, les courants qui ont le plus contribué à cette fusion.

Leurs propositions, comme celles de créateurs plus individuels, trouvent aujourd’hui encore à résonner dans l’œuvre de jeunes artistes qui, renonçant à produire de nouveaux objets, privilégient la richesse des échanges et la qualité de la relation.

Maurice Fréchuret est historien de l’art et conservateur en chef du patrimoine, détenteur d’un doctorat de Sociologie et d’un doctorat d’Histoire de l’Art.
Conservateur au musée d’Art moderne de Saint-Étienne de 1986 à 1993, du musée Picasso à Antibes de 1993 à 2001 ; puis directeur du capc – Musée d’art contemporain de Bordeaux de 2001 à 2006, et conservateur des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes de 2006 à 2014.
Principales publications : L’art et la vie, comment les artistes rêvent de changer le monde, XIXe –XXIe siècle, Les Presses du réel, 2019 ; Effacer, paradoxe d’un geste artistique, Les Presses du réel, 2016. Prix Pierre Daix, 2016 ; Exils, (en collaboration avec Laurence Bertrand-Dorléac), RMN, 2012 ; Les Années 70, l’art en cause, RMN, 2003 ; L’Art médecine (en collaboration avec Thierry Davila), Musée Picasso, Antibes, RMN, 1999. ; L’Envolée, L’enfouissement, Skira, RMN, 1995 ; La Machine à peindre, Jacqueline Chambon, 1994 ; Le Mou et ses formes, éditions ENsBA, 1993 puis Jacqueline Chambon, 2004.

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