Box-office : "La terre des hommes" de Naël Marandin

"La terre des hommes" est un film sur la ruralité, sur les conflits de générations, mais surtout un portrait de femme dans un monde réservé aux hommes. Dans une arène où sont présentées les bêtes, éleveurs et acheteurs s’observent, luttent et manigancent pour tirer les cours à la hausse ou à la baisse. Les petits fermiers côtoient les patrons d’élevages industriels sous le regard des spéculateurs, des engraisseurs et des centrales d’achat de la grande distribution. Ça grouille. Ça crie. Ça vit.

De façon subtile et émotionnelle, sans essayer de donner d’explications ni de leçons de morale, sans jamais amoindrir la gravité d’un tel acte, La terre des hommes aborde le thème du viol et montre parfaitement comment le comportement d’un seul homme peut faire basculer tout l’équilibre d’une société, d’un système économique et social.

Sylvain, incarné par Jalil Lespert ,est un homme séduisant, sympathique, puissant et charismatique. Il a quelque chose de magnétique et de séduisant.
Constance (Diane Rouxel), loin d’être l’archétype d’une victime est éblouissante. Tout en nuances et retenue, elle est aussi crédible dans ce rôle complexe de femme frêle au milieu des bêtes que par sa force intérieure et elle porte littéralement le film sur ses épaules.

La Terre des hommes est un film de corps. Le corps des femmes, le corps des hommes, le corps des bêtes. Des corps que l’on jauge, que l’on juge, qu’on évalue, qu’on convoite. Des corps qui luttent, qui sont soumis, vendus mais aussi des corps désirants, qui se cherchent, s’accueillent, se soutiennent.

Un film puissant et ultra-réaliste qui, par des choix de placements caméra très intelligents, un montage et une magnifique musique, parvient à nous transmettre tous les méandres émotionnels de cette jeune femme à l’histoire douloureuse.

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