Box-office : le best-off de Patrick Mottard

Patrick Mottard décline sa passion pour la 7è art avec une sélection des meilleurs films qu’il a eu le plaisir de voir et apprécier tout au long de sa carrière de spectateur et ...critique. Voici les 10 meilleurs films de son classement. En cette période d’ennui et recherche d’évasion, chacun pourra s’y retrouver !

5 - LE TROISIÈME HOMME (Carol Reed, 1949, Royaume-Uni)

Nous sommes à Vienne, au lendemain de la seconde guerre mondiale. À l’instar de Berlin, la ville est divisée en quatre secteurs dirigés par les Forces Alliées. Un écrivain américain sans talent véritable, Holly Martins, doit retrouver son ami Harry Lime qui lui a proposé un travail d’écriture. À son arrivée, on lui annonce que ce dernier est mort victime d’un accident. Mais la police enquête sur ce qui s’avère être le passé peu reluisant de Limes. Pour en avoir le cœur net, Martins enquête pour son propre compte et ira de surprise en surprise tout en tombant amoureux de la maîtresse de son ami.

Le troisième homme est un des rares exemples où le film est supérieur au livre. Il est vrai que celui-ci a été écrit par Graham Greene, le scénariste, après coup. Ce film est un cauchemar baroque qui a à la fois la rigueur d’un thriller implacable et une esthétique proche de l’expressionnisme allemand. C’est surtout pour moi, LE film de l’immédiat après guerre.

Celui qui explique qu’à peine deux ou trois après la fin de la guerre la rivalité Est-Ouest à largement supplanté l’opposition entre les Alliés et les puissances de l’axe pour le plus grand profit des nazis et collaborateurs qui avaient survécu à la Libération. Le personnage de Limes est tout à fait représentatif de ces profiteurs de l’Histoire. Le film doit beaucoup à ces acteurs principaux : Joseph Cotten et surtout Orson Welles, inoubliable en ange de la mort à la douceur vénéneuse.

Le film, c’est aussi et peut-être surtout la lancinante musique d’Anton Karas et sa cithare. C’est d’ailleurs en hommage à celle-ci que j’ai titré la pièce de théâtre que je voulais comme un hommage au cinéma Sur un air de cithare, pièce où on retrouve parmi les personnages Holly Martins (c’est lui qui passe la nuit avec "Elle" d’Hiroshima mon amour).

Le film est une succession de scènes cultes et c’est en souvenir de celle du Prater que lors d’une de nos rares visites à Vienne nous avons fait un tour de la célèbre Grande Roue. L’occasion de se remémorer la réplique de Limes dans la nacelle la plus élevée : "Est-ce que tu ressentirais une quelconque pitié si l’un de ces points (en fait les passants qui marchent en bas) s’arrêtait de bouger ? pour toujours ?". Réplique qui égale en cynisme celle prononcée un peu plus tard par le même Limes "En Italie, sous les Borgia, il y a eu la guerre, la terreur, les carnages, mais aussi Michel-Ange, Leonard de Vinci et la Renaissance. Et qu’ont produit les Suisses en cinq cents ans de paix et de démocratie ? La pendule à coucou !".

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