Box-office : le best-off de Patrick Mottard

Patrick Mottard décline sa passion pour la 7è art avec une sélection des meilleurs films qu’il a eu le plaisir de voir et apprécier tout au long de sa carrière de spectateur et ...critique. Nous avons choisi les 10 meilleurs films de son classement. Là on rentre dans le dur, le podium est pour les meilleurs trois. La médaille de bronze est attribuée à...

3 - MANHATTAN (Woody Allen, 1979, USA)

Manhattan est mon deuxième et donc dernier choix pour Woody Allen dans ce classement. C’est d’ailleurs en pensant à lui et à quelques autres) que j’ai fixé la règle de deux car la filmographie de Woody est si riche que cinq ou six films auraient pu figurer. Alors, pourquoi Manhattan ? Probablement parce que ce film est un sommet dans sa carrière dans la mesure où il offre la meilleure osmose de deux caractéristiques de son cinéma : le rire décalé et la mélancolie légère.

L’histoire est on ne peut plus simple : Isaac Davis est un écrivain quadragénaire qui gâche son talent en écrivant pour la télévision. Deux fois divorcé, il entretient une double liaison : avec Mary, l’ex-maitresse de son ami Yale, et avec Tracy, une collégienne de 17 ans.

Le titre anglais New York, my love traduit mieux ce poème d’amour pour une ville si magistralement filmée en Cinémascope noir et blanc. La scène d’ouverture à elle seule est un morceau d’anthologie avec les images superbes et tout en contraste de Big Apple, la Rhapsody in Blue de Gershwin et les commentaires maladroits et émouvants d’Isaac Davis.

L’interprétation du réalisateur ne laisse d’ailleurs pas de doute sur sa grande proximité avec son personnage. Diane Keaton, délicieusement exaspérante, Meryl Streep en lesbienne énigmatique, et la jeune Mariel Hemingway très émouvante en anti-Lolita complètent harmonieusement la distribution.

Et même s’il est très drôle, il flotte sur ce film cette fameuse mélancolie allenienne que’Isaac exprime si bien à la fin du film : "Les gens de Manhattan se créent des problèmes névrotiques inutiles pour éviter d’avoir à répondre à des questions plus terrifiantes et insolubles concernant l’univers". Mais pour sourire on peut dire aussi que c’est "La nostalgie d’un monde où on reste en couple toute la vie comme les pigeons et les catholiques".

Pour rendre hommage au film, lors de notre dernier passage à New York, nous avons fait le pèlerinage du Queensboro Bridge pour reproduire symboliquement la célèbre affiche du film. (Ci-dessus la photo avec nous dans l’ombre à gauche, ci-dessous la vraie). Soyez indulgent, c’était avec les moyens du bord.

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