Box-office : le best-off de Patrick Mottard

Patrick Mottard décline sa passion pour la 7è art avec une sélection des meilleurs films qu’il a eu le plaisir de voir et apprécier tout au long de sa carrière de spectateur et ...critique. Nous avons choisi les 10 meilleurs films de son classement. Là on rentre dans le dur, le podium est pour les meilleurs trois. La médaille d'argent est attribuée à...

2 - L’AVVENTURA (Michelangelo Antonioni, 1960, Italie)

En compagnie de son amie Claudia et de son fiancé Sandro, Anna part pour une croisière avec des amis dans l’archipel des Éoliennes. Au cours d’une excursion sur une île inhabitée, Anna disparaît. Au cours d’une longue errance à travers la Sicile et le sud de l’Italie, Claudia et Sandro partent à sa recherche. Ils tombent amoureux l’un de l’autre.

L’Aventura fait parti du triptyque "de la désillusion" avec La notte et L’eclipse (personnellement je rajoute Désert rouge) qui a fait du réalisateur l’observateur incontournable de l’incommunicabilité entre les humains (surtout quand il s’agit d’un homme et d’une femme) dans la société moderne. Mais L’Avventura est en quelque sorte le film étalon de cette esthétique du désenchantement et de la philosophie de l’enfermement.

Tourné en noir et blanc dans des paysages sublimes avec des actrices inoubliables (Monica Vitti, émouvante de fragilité légère, et Lea Massari, la future disparue, tout en lucidité butée), ce film déstabilisant fut le scandale du Festival de Cannes en 1960. Road movie métaphysique, il est ponctué de scènes inoubliables comme celle de la recherche de la disparue sur l’île battue par les vents. Sans jamais esquisser la moindre réponse, les personnages s’interrogent sur le sens de la vie, l’engagement et surtout sur l’Amour. Celui ci existe-t-il ? La sublime scène finale introduit un mince filet d’espoir auquel il est difficile de se raccrocher. A moins de penser que se réchauffer est synonyme de s’aimer.

Ce film m’a tellement impressionné que, non content d’en avoir fait le pivot d’une conférence intitulée "Vagabondage interrogatif dans l’oeuvre de Michelangelo Antonioni", j’ai eu l’audace de retrouver la trace Anna dans une de mes nouvelles de Baie des songes. Dans celle-ci intitulée L’Avventura du Mont Chauve, Anna refait surface en superbe quadragénaire au passé forcement mystérieux pour vivre à Nice une histoire d’amour qui, malheureusement pour son partenaire, restera fidèle au pessimisme de Michelangelo.

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