Box-office : Retour de flamme de Juan Vera

Amor menos Pensado (soit l’amour le moins probable, transposé en Retour de Flamme par les distributeurs français) est un film sans doute trop peu ambitieux par son sujet – le désamour dans le couple à la cinquantaine et la tentation d’une nouvelle vie – comme par sa mise en scène ronronnante, sans aspérités,
s’affirmant franchement soit comme une vraie comédie, soit au contraire comme une dissection psychologique d’un amour, à la Bergman ou à la Woody Allen.

Juan Vera fait en effet le choix étonnant de ne pas choisir, justement : entre comédie de mœurs clignant de l’œil sans vergogne à son public de 40-50 ans, qui se reconnaîtra facilement dans ces clichés inoffensifs sur l’usure du couple et l’inanité de la séduction à l’ère de Tinder, et analyse froide du désarroi moderne dans un monde de plus en plus incompréhensible.

Il est en outre surprenant de voir comment le scénario s’aventure dans un véritable labyrinthe de mini-intrigues, de situations qu’il se contente souvent d’abandonner sans résolution au gré d’ellipses temporelles bien trop faciles : c’est un peu comme si Vera craignait de se risquer dans les véritables profondeurs de son sujet, là où quelque chose de réellement saisissant, voire dérangeant, pourrait advenir…

Car, bien sûr, Ricardo Darín est comme toujours enchanteur, à la fois caricature grinçante du mâle typique de sa génération et être humain frémissant de vérité, un acteur combinant une singularité forte avec une parfaite justesse d’interprétation.

Avec lui, on se réjouira d’un happy end d’autant plus fragile qu’il était annoncé de manière programmatique par le titre : avec lui, on pourra vraiment croire à cette jolie- et légère – déclaration de non-amour finale, constat désabusé mais pas si triste que ça des tours et détours que prend la vie.

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