Box-office : Suzanna Andler de Benoît Jacquot

Années 1960. Suzanna est une femme de 40 ans vieillie avant l’âge et coincée dans un mariage de classe sociale aisée. Elle devra choisir entre sa vie de femme et de mère gouvernée par les conventions et une existence plus insouciante incarnée par son jeune amant.

Elle est descendue pour quelques jours, un week-end peut-être (chez Duras, le temps est flou) sur la Côte d’Azur pour rejoindre son amant, Michel (Niels Schneider). Ce dernier emprunte son look (jean blanc, col roulé, manteau noir et boots) au photographe de Blow-up (1966), de Michelangelo Antonioni. Du coup, il semble plus contemporain.

C’est la première fois que Suzanna a un amant. De son côté, son mari, Jean, la trompe régulièrement dans des hôtels de luxe quelque part à Chantilly ou sur la côte normande. Elle ne paraît pas vraiment en souffrir – à moins qu’elle ne le cache. Elle doit se décider : Michel ou Jean ?

Suzanna aussi est une énigme. Amoureuse ou pas ? De son mari, de son amant ? Indécise, hésitante, flottante.

Benoît Jacquot adapte à l’écran une pièce restée méconnue de Marguerite Duras, qui met en scène un trio de personnages évanescents. Un beau film par son texte et ses prises de vue aux lumières naturelles.

Charlotte Gainsbourg, fascinante, donne vie au théâtre de Duras dans un cadre figé à contempler où tout est flou, mou et doux.

L’expressivité des regards, le jeu des ombres et lumières et les portraits ravissent le regard. Le dialogue est trop lymphatique malgré le jeu de Niels Schneider bien incarné.

Photo : Les Films du Losange

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