Box-office : Un divan à Tunis

C’est l’histoire de Selma, trentenaire parisienne et psychanalyste de profession, qui a l’idée saugrenue de revenir vivre à Tunis et d’y établir son cabinet. Une idée simple mais exploitée de façon fantastique. Au travers des différents patients qui ne manqueront pas de la consulter, on opère surtout l’analyse de cette belle Tunisie post Ben Ali, en pleine mutation.

Les névroses des hommes et des femmes consultants Selma traduisent alors les névrose de tout un pays. Un imam désespéré par les barbus qui lui cherchent querelle. Un homme qui ne voit pas d’avenir dans cette Tunis. Une jeune fille qui ne rêve que d’Europe. Ce boulanger qui commence peu à peu à s’affirmer. Ou cette sublime encore coiffeuse qui verbalise enfin ses névroses.

L’ambiance est légère, pleine de système D, et d’un arabe mitonné de français à chaque phrase. Une authenticité à la sauce harissa, montrant un pays épicé. Tout cela est source d’un humour très appréciable.

Au travers de ces échanges, et des péripéties de la bureaucratie tunisienne, on s’attache immanquablement à tous ces personnages. Et on fantasme cette Tunisie qui a tant pour elle et qui n’est plus si loin de libérer tout son potentiel. La réalisation et la photographie ne cessent jamais de mettre en valeur la beauté de ce pays. Notamment grâce à une lumière toujours magnifique, et un sens du cadre très précis.

Enfin, saluons la performance de Golshifteh Farahani, qui se fait fort bien passer pour une arabe, elle, la perse. Elle retranscrit si bien les doutes des trentenaires, les failles, les espoirs, et les rêves. Mais surtout, elle est d’une crédibilité sans faille dans son rôle d’analyste à l’écoute.

Un divan à Tunis, un film qui fait du bien en allégeant un peu le surmoi qui peut parfois beaucoup peser.

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