Box-office : Un tramway à Jérusalem de Amos Gitaï

A Jérusalem, le tramway relie plusieurs quartiers, d’est en ouest, en enregistrant leur variété et leurs différences. Cette comédie regarde avec humour des moments de la vie quotidienne de quelques passagers, de brèves rencontres qui se produisent au fil du trajet et qui révèlent toute une mosaïque d’êtres humains.

Un film consacré à cette mosaïque d’individus qui prennent le tramway dans la ville, ce « mélange global », dit Gitai, fait de religieux et de laïcs, de Palestiniens et d’Israéliens, qui empruntent ce moyen de transport qui n’existait même pas encore la dernière fois que Amos Gitaï a tourné un film à Jérusalem.

Depuis quarante ans, le réalisateur israélien Amos Gitaï, ancien combattant de Kippour et apôtre de la paix, pose son regard de cinéaste sur les soubresauts du Moyen-Orient.

Pour ce faire, il plante sa caméra au cœur du tout récent tramway de Jérusalem, ville spirituelle qui accueille les grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam et où se mêlent peuples et groupes socio-économiques de tous horizons. Pour suivre au plus près les pans de vie de ses habitants, il suit le trajet des voyageurs d’une rame, lieu restreint qui impose une constante promiscuité.

Faisant preuve d’un optimisme peu communicatif, il envisage ainsi la possibilité d’une coexistence pacifique entre les populations. Des quartiers palestiniens de Shuafat et de Beit Hanina à l’Est au Mont-Herzl à Jérusalem Ouest, les conversations sont les mêmes : le sport, la politique, la vie de famille, les histoires d’amour. Des hommes accostent lourdement (avec une attitude que le sexuellement correct européen n’hésiterait pas à qualifier de harcèlement) des femmes qui se détournent d’eux pour discuter shopping ou soins de beauté avec une amie rencontrée par hasard.

Certains continuent d’étaler les différences entre les uns et les autres pour attiser, heureusement sans grand succès, la haine et secouent pour quelques minutes la torpeur de ce moyen de transport identique à celui de bien des pays. Si la fierté du réalisateur d’avoir pu s’adjoindre les services de quelques figures artistiques cosmopolite est palpable, celles-ci n’enrichissent pourtant guère cette kyrielle de personnages interchangeables.

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