Box-office : Vita & Virginia de Chanya Button

Virginia Woolf et Vita Sackville-West se rencontrent en 1922. La première est une femme de lettres révolutionnaire, la deuxième une aristocrate mondaine. Quand leurs chemins se croisent, l'irrésistible Vita jette son dévolu sur la brillante et fragile Virginia. Une rencontre qui débouche sur un amour passionnel dans les années 20 entre deux écrivaines qui n'ont pas laissé la même trace t:outes les deux très en avance sur leur temps , la première par son oeuvre, la deuxième par sa vie scandaleuse et libérée. Commence une relation passionnelle qui fait fi des conventions sociales et de leurs mariages respectifs. La fascination que Virginia ressent pour Vita, l'abîme entre sa vie d’artiste et le faste de l'excentrique aristocrate donneront naissance à Orlando, une de ses œuvres maîtresses, bouleversante réflexion sur le genre et sur l’art.

Virginia Woolf et Vita Sackville-West, leur relation d’auteures en tout point opposées (les romans de Virginia n’avaient toujours pas de succès, les ouvrages de Vita cartonnaient), leur liaison amoureuse, dont l’aboutissement fut l’écriture ardente et le romanesque fantastique d’Orlando publié en 1928.

Inspiré d’une pièce de théâtre et de leur foisonnante correspondance, Vita & Vitginia fait montre d’un grand classicisme . Le problème est que la mise en scène ne choisit pas à laquelle confier, de Vita ou Virginia, la « relation » de l’histoire. Qui relate ? Celle qui servit de modèle à Orlando, grande séductrice lesbienne et écrivaine moyenne, ou l’auteure d’Orlando, femme grande, immense écrivain ?

Saluons la tentative de film épistolaire qui offre une échappée et une fébrilité à la chronique d’un amour et ses plages de « temps qui passe » assommantes. Ici la passion est déjà écrite, déjà éprouvée et abîmée. L’endurance des sentiments, de l’écriture et de la vie entremêlés est ainsi rejouée, récitée, visant une émotion purement comédienne , ce bonheur, cette douleur, ce regret comme ce calme que le jeu d’acteur produit à lui seul - et les actrices sont convaincantes dans cette passion au passé.

Elizabeth Debicki géante à côté de Gemma Arterton, c’est osé ; le film reste prude.

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