L’histoire de la Mafia Italo-Américaine (1)

Pour notre premier dossier retraçant des histoires qui ont marqué le cinéma, nous allons nous pencher sur la représentation de la mafia italo-américaine au septième art. Cette longue analyse se base sur le mémoire de Ahmed Lahmadi (mai 2020). En premier lieu nous allons mettre en exergue l'histoire de la communauté italienne puis traiter une série de longs métrages. La problématique est la suivante : Quelles sont les représentations socioculturelles de la mafia italo-américaine dans les filmographies de Francis Ford Coppola et Martin Scorsese ?

La mafia telle que nous la connaissons s’est forgée une image de marque en quelques décennies. L’organisation criminelle a dicté les lois sociétaires dans de nombreuses villes d’Italie et des États-Unis. Dans ce mémoire nous nous pencherons uniquement sur la Cosa Nostra et sa mainmise sur la Sicile et New-York. En Italie tout commence en 1860 et l’unification du pays. Cela met fin à une guerre qui aura duré près de 20 ans. L’unification met en lumière l’immense disparité qui sépare l’Italie du nord et du sud. La misère profonde du sud s’oppose à la révolution industrielle de villes comme Milan et Turin.

Bien que l’immigration ait commencé à la période coloniale, c’est en deux vagues principales que vont se faire les arrivées. Tout d’abord en 1860 avant l’unification italienne. Puis de 1880 et 1920 où 4 millions d’Italiens (dont 70 % venus du sud) décident de migrer vers les États-Unis. Ellis Island, petite île au large de New-York, était leur point de chute.

Au sein même du pays, les originaires de la botte italienne faisaient de la discrimination envers les habitants de la petite île. La raison est que le peuple sicilien, très pauvre, vivait principalement de l’agriculture. Ils étaient plus foncés que les autres. L’impact de la « pieuvre » sur le pays n’a pas arrangé l’image des Siciliens. Ces personnes ne voulaient pas quitter leur pays mais n’avaient pas le choix. Ils se devaient de tenter leur chance sur le nouveau continent.

Cependant leur périple sera long pour qu’ils puissent trouver leur place dans le pays de l’Oncle Sam. Le journaliste et auteur américain Selwyn Raab, qui a longtemps étudié la mafia, dira que :

« Les Américains n’aimaient pas les étrangers qui ne parlaient pas anglais. Et on ne leur a pas déroulé le tapis rouge. »

Grandement constitué d’Anglo-Saxons, les États-Unis n’avaient pas la même identité sociale. Pour cette communauté, les italiens avaient des coutumes étranges. Comme cela arrive souvent aux immigrés vivant une vie misérable, avec une situation économique très instable et ayant une image de « sauvage » sur le sol américain. La peur de l’Italie au « teint foncé » prend racine aux États-Unis. Cependant cette main d’œuvre est très importante pour un pays en pleine expansion. Les travaux les plus longs, les plus dangereux et les plus pénibles sont donnés aux immigrés italiens.

« On disait que les migrants venaient aux États-Unis parce que les rues étaient pavées d’or. Alors les Italiens en rigolant disaient que non seulement les trottoirs n’étaient pas pavés mais qu’en plus c’était à eux de le faire. »

Par manque d’argent et à cause de la barrière du langage, les Italiens se sont regroupés dans les grandes villes du pays, ainsi que dans les mêmes quartiers. Le nom le plus connu reste à ce jour le « Little Italy » new-yorkais. Une section de ce quartier est nommée « Little Sicily » et certaines portent même le nom des villages d’origine. Au cours du temps, contrairement aux Irlandais, et aux autres nationalités présentes dans les vagues d’immigration, les Italiens sont restés enclavés dans ces quartiers.

Le mode de vie du village natal leur importait beaucoup. De plus, la forte barrière linguistique a contribué à l’auto-ségrégation. Au bout de 30 ans, au début du vingtième siècle, New-York devient la plus grande ville italienne du monde. Parmi eux, pas moins de 40 000 auraient été des criminels dans leur pays d’origine. Dans un quartier comme Little Italy, les gens honnêtes deviennent les premiers personnages persécutés par ces gangsters.

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Jane Doe

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