Les chroniques cannoises de Patrick Mottard

Le dernier jour de Festival avec ses stands démontés et ses files d’attente dégarnies est toujours un peu triste, mais ce sentiment est contrebalancé par l’excitation de voir encore deux ou trois films, les spéculations liées au palmarès et la certitude que l’an prochain… bref le Festival est (presque) mort , vive le Festival ! Deux films pour ce dernier opus, un et demi plus exactement !

MEKTOUB, MY LOVE : INTERMEZZO (Abdellatif Kechiche /France)

La fin des vacances approche, une bande de garçons et de filles d’origine franco-tunisienne pour la plupart rencontre Marie, jeune étudiante parisienne sur la plage de Sète.

Un film de 4 heures, c’est quand même du cinéma expérimental. Le film de Kechiche commence par une séquence balnéaire d’une demi-heure environ. Les jeunes gens s’amusent, plaisantent, draguent et le groupe intègre sympathiquement la jeune estivante Louise.

Et même si Kechiche met spectaculairement en avant l’anatomie généreuse de ses jeunes actrices, on est presque dans un film de Rhomer, une sorte de remake de Pauline à la plage. On devine une tension entre la sexualité probablement débridée des protagonistes et, surtout pour les filles, la quête un peu naïve d’une histoire sérieuse avec Prince Charmant et mariage.

La deuxième séquence est très, très , longue (au moins 1 h 45) avec une soirée dans une boite techno (boum ! boum ! boum !) où l’intrigue progresse à la vitesse d’un escargot de ma Bourgogne natale. Là c’était trop demander à des festivaliers en fin de cycle : nous avons abandonné la partie mais avec l’idée de revenir à cette œuvre un peu déroutante dès que possible.

IL TRADITORE (Marco Bellochio/Italie)

Ce film très attendu par le directeur de Nice Premium raconte l’histoire de Tommaso Buscetta, membre de la Cosa Nostra qui, lassé par la guerre entre les parrains de la Mafia sicilienne, décide de dénoncer l’organisation auprès du célèbre juge Falcone.

Un film qui renoue quelque peu avec la tradition des films-enquêtes politiques italiens des années 70-80. La mise en scène est solide et l’interprétation sérieuse dans la mesure où elle ne cède pas au folklorisme frelaté de beaucoup de films sur la mafia. Et grâce à une séquence tournée à Rio, nous avons la preuve que le Christ Rédempteur, après avoir connu de sérieux ennuis du côté de Rauba Capeu, a retrouvé force et vigueur sur le Corcovado.

On ne pouvait pas achever le Festival sur une meilleure nouvelle.

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