Si je t’oublie O Jérusalem...

Le couple amoureux : Hadassah et Bobby
©Haut et Court

New York 1947. Bobby Goldman, soldat américain juif qui a vécu la libération des camps de concentration, fait la connaissance de Saïd Chanine, arabe originaire de Jérusalem. Dans l’insouciance de la fin de la guerre, ils deviennent vite amis. Mais l’arrivée des boat people de rescapés juifs en Palestine et l’obligation pour les arabes de partager leur terre provoque une nouvelle guerre qui ne connaît pas encore de fin. Les deux amis décident d’embarquer pour Jérusalem convaincus que la paix est encore possible.

L’enquête publiée en 1972 se base sur une énorme recherche historique : des bandes radiophoniques de pays arabes de l’époque, les cahiers de David Ben Gourion, le témoignage de Golda Meir, les archives britanniques...
Pourquoi tant de haine et de discordes entre arabes et israéliens ? L’écrivain Dominique Lapierre s’engage à dire que ce film éclaire les origines du conflit.

Le film n’a pas pu être tourné à Jérusalem mais à Rhodes (île Grecque). Grâce au montage et à la technologie, la vieille ville sainte, carrefour des trois religions monothéistes, a pu retrouver son aspect d’antan. "J’ai mis plus de quinze ans pour faire ce film. Il me manquait un bon scénario, un metteur en scène de qualité et finalement la technologie. Avec Élie l’alchimie s’est enfin faite" déclare André Djaoui producteur du film.

Saïd Taghmaoui (Saïd Chanine)
©Haut et Court

O Jérusalem ne légitime pas la présence des juifs en terre sainte, et ne soutient pas une position nationaliste israélienne. Même si la dimension dramatique du film met davantage l’accent sur les relations entre juifs (histoire d’amour, relations père-fille, dilemmes psychologiques...), et cela malgré la forte amitié des deux héros, thématique d’un espoir de paix entre les juifs et les arabes.
D’ailleurs, l’épisode du massacre du village arabe de Deir Yassin le 9 avril 1948 est présent dans le scénario. Il dénonce et condamne les atrocités commises par les extrémistes juifs et symbolise l’exode des palestiniens forcé par la peur et les dirigeants arabes qui leur avaient promis de revenir dès que les juifs auraient été vaincus.

Seulement, un fait reste incontestable : la victoire d’une poignée d’hommes et de femmes juifs contre les forces armées arabes. Ils ont défendu leur vie et ont su s’imposer. Est-ce un miracle, ou grâce au coup de pouce donné par les soutiens financiers, ou bien à cause de l’ego des dirigeants arabes convaincus de "jeter les juifs à la mer" ou même des cessez-le-feu imposés par l’ONU ? Il n’est plus l’heure de chercher des coupables et de fausses raisons. Une chose est à comprendre : l’irrationalité déchaîne les passions.

Ni les juifs, ni les palestiniens, ni les britanniques, ni l’ONU n’avaient le droit de traiter la question du partage de la Palestine à la légère et de servir leurs seuls idéaux ou intérêts économiques. Aujourd’hui, il ne faut pas que ce film soit de nouveau l’origine de désaccords violents, car il montre comment l’individualisme, la haine et la vengeance entretiennent une guerre. O Jérusalem n’offre pas de solutions mais un message d’espoir en une paix future entre deux nations qui souffrent depuis trop longtemps.

André Djaoui, Shirel, Elie Chouraqui
©Sarah Assoune

Le film doit d’ailleurs être projeté à Jérusalem avec des représentants de toutes les communautés. Shirel, actrice et fille d’André Djaoui, insiste sur le rôle éducatif de ce film : "Allez voir Jérusalem vous comprendrez mieux l’histoire de la création de cet état".

Sortie en France le 18 octobre  : Produit par André Djaoui et Elie Chouraqui en association avec Jean Frydman, réalisé par Elie Chouraqui. Acteurs : Saïd Taghmaoui (Saïd Chanine), JJ Feild (Bobby Goldman), Ian Holm (David Ben Gourion), Maria Pappas (Hadassah), Patrick Bruel (David Levin), Shirel (Yaël)...
Le livre  : Collins Larry et Lapierre Dominique, O Jérusalem

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Jane Doe

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