L’exposition d’automne du Musée Matisse : "Les murs reculent"

Les murs reculent

Le Musée Matisse propose pour l’automne 2020 un nouvel accrochage qui évoquera la postérité de l’artiste dans la seconde moitié du XXe siècle, et notamment la lecture abstraite de son œuvre.

Le célèbre critique Clement Greenberg notait en 1973 que l’abstraction américaine devait en grande partie sa particularité à l’influence d’Henri Matisse. Initiée par l’Expressionnisme abstrait, puis par la seconde génération de la Post-Painterly Abstraction, cette réception américaine a acquis de Matisse une conception renouvelée de l’espace pictural qui s’affirme en tant qu’un pur continuum sans limite : une sortie du cadre. La touche de Matisse, soit sa manière de poser la couleur avec un sens aigu de la surface et la conscience de sa respiration, fut un autre apport essentiel. C’est à travers le spectre de cette première lecture américaine que l’art de Matisse pourra par la suite inspirer les artistes français de la génération des années 1960.

Après la grande exposition Matisse Métamorphoses consacrée à son oeuvre sculpté durant le printemps et l’été 2020, et l’extraordinaire rencontre avec le cinéma que révélait Cinématisse en 2019, le musée Matisse poursuit avec « Les murs reculent » une programmation qui s’attache à révéler Matisse autrement.

Le titre de ce nouveau parcours, « Les murs reculent », s’inspire d’une citation de l’artiste à son gendre le critique d’art Georges Duthuit à propos du fauvisme1. Il dit bien ce qui fut l’un des principaux apports de l’art de Matisse aux générations futures. Seront présentés des artistes américains et européens en dialogue avec les oeuvres de la collection du musée : Jean Arp, Joseph Albers, Morris Louis, Jules Olitski, Ellsworth Kelly, Shirley Jaffe, Kenneth Noland, Al Held, Frank Stella, Richard Serra, Aurélie Nemours, Simon Hantaï, Raymond Hains, Jacques Villeglé, Claude Viallat, Daniel Buren, Pierre Buraglio, Bernar Venet, Louis Cane, Jean-Pierre Pincemin, Noël Dolla, Jean-Charles Blais…

Imaginé pendant la période du confinement, sur une proposition de Claudine Grammont, directrice du Musée Matisse, cet accrochage exceptionnel a été rendu possible grâce à la générosité du MAMAC, de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght, de la Venet Foundation, de l’Espace de l’Art Concret, de la galerie Ceysson & Bénétière, de la galerie Catherine Issert Saint-Paul-de-Vence et avec l’aide des artistes eux-mêmes. Un bel exemple de solidarité culturelle !

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