Café littéraire : La folie des miens de Jean-Pierre Chabrol

Nous sommes dans les années ‘50’ le parti communiste est tout puissant en France. Deux jeunes communistes, un artiste Hanjure et un militant Dunkerque. Ils se sont connu durant la guerre, la résistance. Les deux hommes sont amis plus que camarades.

Jean Pierre Chabrol nous décrit le parti communiste avec l’adoration de la sainte icone Staline. Il est le modèle à suivre. Le parti a raison, c’est le centralisme démocratique. On est au parti comme dans une église. On doit obéir aux directives, sinon on est exclu et l’exclusion est une excommunication, vous vous retrouvez hors du parti, c’est-à-dire perdu dans la foule. Les communistes ont raison de parler de camarades et non d’amis.

Les tissus de l’amitié s’effritent devant la décision du comité central ou du bureau politique. Staline est l’exemple à suivre, il ne peut qu’avoir raison. La folie des miens nous plonge dans la vie des militants communistes. On ne peut discuter les ordres du parti, les remettre en question sans se faire identifier comme un bourgeois réactionnaire. On vit pour le parti, tout pour le parti. La cellule est la base. Staline, Thorez les deux dieux du prolétariat.

Cela ressemble à une secte où l’homme n’est plus un individu, mais un élément du parti. Cette conception de la société idéalisée par les dirigeants du parti est parfaitement décrite.

Jean Pierre Chabrol avec ces deux héros nous fait revivre cette période des années ’50-60’ où l’URSS était le paradis des classes laborieuses. L’endoctrinement était si profond que beaucoup refusèrent de croire aux crimes de Staline. Le petit père des peuples ne pouvait avoir fait çà et en tout cas ne pouvait se tromper.

Entre les deux amis le choix du parti est douloureux quand l’un et l’autre sont
formatés par une gymnastique dialectique où on ne peut contredire le parti sans commettre une hérésie.

Cet ouvrage est un précieux document sur la réalité du parti communiste et de
son centralisme démocratique. Le mot démocratie étant ici assez abusif et contradictoire avec le centralisme des décisions.

Thierry Jan

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