Café littéraire : Alexandre III de Henri Troyat

Entre Alexandre II assassiné en 1881 et sa mort en 1894, Alexandre III s’il renonce devant les attentats terroristes et les conseils de son entourage à doter la Russie d’une constitution, il va en revanche la développer, l’industrialiser.

On lui doit les chemins de fer, une certaine modernisation de son pays. On lui doit aussi l’alliance avec la France, bien qu’il y ait longtemps hésité devant sa répugnance à la république et au parlementarisme. C’est ses inquiétudes face à l’Allemagne qui vont le décider à réaliser cette alliance. Quand il meurt en 1894, il a régné très peu, à l’échelle de l’histoire, à peine 13 ans.

Mais c’est une toute autre Russie qu’il va laisser à son fils Nicolas. Ce tsar, le dernier est peu préparé à sa fonction, peu apte à l’assurer. Henri Troyat nous dévoile la Russie sous Alexandre II avec son cortège d’attentats, puis c’est son fils qui a vu mourir son père et se trouve donc peu enclin à la mansuétude envers les idées libérales.

L’écrivain nous emmène dans les secrets, les coulisses du pouvoir, les ragots, les potins. On découvre ainsi la vie intellectuelle de la Russie, les relations internationales avec le kaiser Guillaume II, l’Autriche, la France et l’Angleterre toujours gouvernée par Victoria qui devient la grand-mère de l’Europe couronnée.

Alexandre III a su préserver la paix sur le continent en désamorçant les crises. A Paris un hommage lui est rendu avec un pont, peut-être le plus beau de la capitale française. Henri Troyat se fait ici historien, sans oublier le romancier. On quitte Alexandre III à Livadia, un peu triste devant ce tsar qui a rendu son âme à Dieu.

Thierry Jan, écrivain

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