Café littéraire : De force de Karine Giebel

Une clinique privée sur la Côte d’Azur, un professeur de médecine imbu de sa célébrité. Il est intouchable, personne n’ose contester son pouvoir et sa gloire. Seulement derrière la carapace il y a pleins de secrets, de choses pas très jolies. Il a une fille, sa réussite, sa fierté. Les rapports père fille sont ambigus sans néanmoins sombrer dans l’inceste. Le professeur Armand Reynier voit son univers se lézarder avec l’agression de cette fille Maud.

Son passé va resurgir, sa clinique où un enfant est mort suite à une opération, un maître chanteur qui semble tout connaître de lui et ce mystérieux jogger qui arrive au bon moment pour sauver Maud d’un viol. Tout est parfaitement orchestré et le professeur ne songe qu’à sa fille, sa sécurité. Il lui passe tous ses caprices, Maud enfant pourrie est le centre de ce roman où les nombreux rebondissements vont faire d’une victime un coupable.

Le chantage, les menaces, le professeur Reynier ne veut pas porter plainte, pourquoi ? Là est tout l’intérêt de ce roman. Les personnages sont tous impliqués, nul n’est vraiment innocent et finalement tous sont à des degrés divers coupables. Qui était le professeur Reynier ?

La réponse est dans cet ouvrage de Karine Giebel nous faisant découvrir les mœurs hypocrites de la grande bourgeoisie, hypocrisie qui certainement explique l’addiction aux drogues de Maud la fille du professeur devenue amoureuse de Luc, un amour impossible dont on découvrira les raisons dans l’ultime rebondissement de ce livre, à la fois roman policier, étude de mœurs avec une description sans complaisance de cette société des nantis qui se croient au-dessus des lois avec l’immunité de leurs relations et de leur argent. Une belle leçon de morale dans ce monde où la corruption est hélas la règle dominante.

Thierry Jan, écrivain

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