Café littéraire : Ferme tes yeux de Nadia Abed

Un professeur des écoles soupçonne le père d’un de ses élèves de maltraiter son fils. Il en parle avec les autres enseignants, la directrice. Cette dernière se préoccupe surtout du calme de son école. Arthur vit seul avec son chien, il a ses parents dans un village de l’arrière-pays niçois. Lilian le préoccupe. Il n’a pas été formé pour ça, détecter une éventuelle maltraitance.

Ce roman poignant et très humain va entraîner cet instituteur, on dit aujourd’hui professeur des écoles, sur un chemin dont il ne mesurera plus les conséquences. A-t-il été trop loin ? Mais pouvait-il se taire ? Ferme tes yeux lui dit-on, non il ne le peut pas, surtout avec son vécu. Arthur Grimbert est devant un dilemme moral. Il a des soupçons, même des certitudes, mais pas de preuve. L’enfant est renfermé, craintif.

Il va l’ouvrir, lui donner confiance en lui. Puis il y a le père veuf avec ce seul garçon. Là aussi il y a de lourds secrets, la mort de la mère et la réaction de ce père face à ce drame. Nous sommes sur la scène avec l’instituteur, l’enfant et son père. C’est un opéra dont on devine l’issue tragique. Tout le talent de l’auteure est de nous plonger dans cette histoire où l’on se trouve captivé par les rebondissements.

Nous sommes à Nice et Nadia Abed nous décrit sa ville avec amour et passion. Ferme tes yeux a-t-on dit à ce professeur des écoles, sauf qu’il ne l’a pas fait en voulant sauver Lilian et lui rendre cette enfance dont il était privé.

Thierry Jan

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