Café littéraire : Le fantôme du Munich de Georges-Marc Benamou

Septembre 1938, un nouveau caprice d’Hitler et les dirigeants français et anglais sont invités à Munich pour avaler une nouvelle couleuvre. Mussolini se fait entremetteur, à la limite d’un maquereau. Daladier et Chamberlain sont roulés dans la farine. Les allemands très habiles jouent les deux hommes d’Etats sur leurs divisions. Goering se fait le chantre de la paix, Ribbentrop n’a pas trop de mal à jouer son rôle, celui de son hautain mépris et Hitler s’amuse avec les nerfs de ses interlocuteurs. Daladier et Chamberlain vont céder devant le führer, abandonner la Tchécoslovaquie, le seul pays apte à résister face à l’Allemagne.

Les accords de Munich nous sont contés dans leurs moindres détails. Daladier était manipulé par son entourage défaitiste, il fallait céder à Hitler. Le plus étrange de cette conférence est que la principale intéressée, la Tchécoslovaquie ne fut pas conviée à son dépeçage.

Georges Marc Benamou nous fait revivre cette journée déshonorante pour la France à travers une interview entre une jeune journaliste et Daladier reclus dans une maison perdue, loin du monde et de la politique. Le vieil homme a ses souvenirs, ses dossiers, il va les ouvrir après maintes hésitations à la curiosité de la journaliste.

Petit à petit le taureau du Vaucluse qui est surtout un vieil ours solitaire se découvre, se dévoile et peut-être regrette –il d’avoir cédé ce jour se septembre 1938. La France était seule, comme elle le sera en juin 1940. C

e roman nous éclaire sur cette journée des dupes bien orchestrée et préparée par l’Allemagne et l’Italie. Le Fantôme de Munich, Daladier dernier survivant des quatre acteurs majeurs de cette conférence. A-t-il dit les cons ? Peut-être alors avait-il compris, mais un peu tard comme le renard de la fable, avoir été trompé.

Thierry Jan

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