Café littéraire : Les sans pareille de Françoise Chandernagor

Ce roman est la saga de familles qui n’auraient jamais dues se rencontrer. Des milieux populaires à l’aristocratie, Christine est la fille d’un ambassadeur et la demi sœur de Philippe adolescent argenté et oisif. Elle vit entre ses grands-parents communistes et ce père qui ne peut ou ne veut la reconnaître. Nous sommes dans les années ‘60’ et mai 1968 va devenir la trame d’arrière fond de ce roman.

Françoise Chandernagor par une multiplication de personnages a embrouillé à dessein l’histoire. Quand elle devient narratrice, racontant les péripéties de ses nombreux héros et héroïnes, elle donne à son roman une dimension magistrale et le lecteur se retrouve aux côtés de Christine quand elle fait l’amour la première fois avec un jeune italien, ce sont surtout deux enfants paumés dans les bas-fonds de Rome.

Ce roman nous montre une société en pleine décadence, les fondations sont pourries, vermoules et tout va à vau l’eau. Il y a aussi les faux : intellectuels, écrivains, artistes, tout un monde fait de paraitre et de fausseté. La politique avec ses coulisses nous est aussi décrite sans rien nous cacher.


Ce monde artificiel nous le découvrons à travers ce roman dont le titre : La Sans Pareille est très bien trouvé, seul finalement le vieux grands père Brassard est digne, car il n’a pas vendu son âme au diable. Christine quant à elle semble vraiment perdue dans un monde où elle a oublié d’où elle vient et un autre monde où elle n’est toujours pas vraiment adoptée.

C’est une étude de mœurs, une peinture acerbe et méritée de cette société où finalement on se vend pour un plat de lentilles.

Thierry Jan

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