Café littéraire : La nouvelle scène artistique niçoise de Morgane Nannini

« La technologie constitue une des clés de toute activité artistique. C’est à la fois un moyen et un obstacle à l’expression de nos idées. Cette tension est tout à fait vitale pour toute œuvre d’art. » Ainsi s’exprime Bill Viola vidéaste américain.

La Nouvelle Scène Artistique Niçoise, Essai de Morgane Nannini, préfacée par Patrick Moya, nous ouvre quelques pistes sur l’art, sur sa modernité. L’auteur aborde les nouvelles technologies faisant un parfait écho à Bill Viola.

L’art, la remise en question de la société de consommation toujours axée sur le plus, encore et toujours plus, sans se soucier du lendemain, ce lendemain de notre planète : que laisserons nous à nos enfants ? Qu’as-tu fait de ton frère demande Dieu à Caïn ; ici on pourrait demander à l’homme, à chacun d’entre nous : qu’avons-nous fait pour notre terre ? Devant cette inquiétante perspective, les artistes se posent et nous posent la question, essayant de nous faire prendre conscience.

Dans son ouvrage Morgane Nannini retrace l’histoire de l’art à Nice depuis cinquante ans, l’Ecole de Nice déstructurant les biens de consommation, on songe à la Tulipe ; puis avec les artistes du XXI° siècle on les voit condamner la malbouffe, l’usage intempestif des réseaux sociaux, d’internet, d’une libération, c’est devenu une aliénation. Il y a un retour aux sources, à l’objet en tant que tel, son utilité, sa matérialité, son essence. La Nouvelle Scène Artistique Niçoise, titre bien trouvé. Nice est à la fois la scène, l’école, le théâtre, les cimaises.

L’art selon certain est comparable à un fleuve dont l’onde se renouvelle éternellement. Cet essai est un diagnostic sur l’état de l’art aujourd’hui sur la scène niçoise. Morgan Nannini passe en revue les artistes, les galeries et nous explique leur travail.

Son livre de 120 pages est un exploit, celui de nous brosser le tableau actuel de l’art à Nice. Il fallait, après la préface de Patrick Moya, conclure cet ouvrage. Le frère Yves Marie Lequin, aumônier des artistes a rédigé la postface : « Il faut essayer de comprendre. Il faut se comprendre et comprendre la vie. » Tout est dit en deux phrases : l’art, finalement, c’est la vie.

Thierry Jan

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