Littérature : La petite ritournelle de l’horreur de Cécile Cabanac

Après Des poignards dans les sourires et Requiem pour un diamant, Cécile Cabanac revient en force avec un thriller sombre et captivant, La petite ritournelle de l’horreur. Thriller social, ce roman donne la parole aux enfants oubliés de la DDASS.

Pio et Maria Achenza viennent d’acquérir une vieille maison, plutôt isolée, en forêt. Lorsque Pio se lance dans l’abattement d’une cloison, il découvre le corps d’une fillette. Virginie Sevran, Biolet et leur équipe arrivent rapidement sur les lieux et ce n’est pas un corps qu’ils auront à examiner mais bien ceux de trois adolescents… la stupéfaction et l’horreur tombent sur la brigade du SRPJ de Versailles. Pourtant l’enquête se met en place avec automatisme et sérieux, rapidement Virginie et son groupe découvrent que la maison était jadis occupée par une famille d’accueil de la DDASS et a hébergé bon nombre d’enfants…
Avec ce troisième thriller Cécile Cabanac nous propose son histoire la plus sombre mais aussi la plus sociale. Les thèmes abordés sont durs (maltraitance, enfants abandonnés, orphelins…) et l’auteure brosse un portrait peu reluisant de l’aide sociale à l’enfance. Construit habilement, angoissant et terriblement éprouvant, La petite ritournelle de l’horreur saura vous happer.

Une faible clarté affleurait derrière un amas de nuages noirs quand les deux flics quittèrent les lieux. Dans le rétroviseur, plus la masure rétrécissait, plus Sevran sentait ses crocs desserrer leur emprise sur elle.

Cette histoire est ancrée dans ce contexte social et actuel puisque le gouvernement a voté en janvier dernier une loi pour mieux encadrer et protéger les enfants (meilleure protection des enfants, valorisation du métier d’assistant familial, etc.).
L’auteure construit son récit en alternant le point de vue des personnages : la commandante Virginie Sevran, son fidèle binôme Pierre Biolet et Marc Dombard, un lieutenant aguerri mais aux méthodes parfois maladroites et brutales. Comme dans ses précédents livres, Cécile Cabanac use d’une écriture soignée et vivante qui rend, parfois, le récit encore plus cruel. Les chapitres, courts, s’enchaînent jusqu’à un final absolument terrible et oppressant. Malgré son sujet dramatique, Cécile Cabanac prend soin de ne jamais verser dans le pathos et son récit reste sensible et humain malgré sa noirceur.

La petite ritournelle de l’horreur de Cécile Cabanac
Parution Fleuve Éditions 13 Janvier 2022
Thriller
480 pages

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à propos de l'auteur

Jane Doe

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