Un été anglais de Marc Desaubliaux

Marc Desaubliaux nous raconte l’histoire d’amour très particulière entre Fabrice, quinze ans, et une femme bien plus âgée que lui. Une superbe écriture pour un livre au sujet délicat.

Le roman s’ouvre sur un court prologue dans lequel on découvre la passion de Fabrice pour le dessin. Ce passage se déroule en juin 1968, un mois avant qu’il ne parte pour un voyage en Angleterre qui va bouleverser sa vie. Ce passage, qui fait écho à un autre passage plus loin dans le texte et qui prend alors tout son sens, intrigue car d’une part il montre le garçon rêveur qu’est Fabrice à quinze ans, mais aussi toute la beauté d’écriture de l’auteur.

« La grande feuille blanche s’étale sur le bureau de la chambre de Fabrice. Dessus, le crayon rouge dessine les frontières imaginaires d’un pays né des rêves de l’adolescent. […] Étrange peinture, formes abstraites où il dépose toute sa personnalité. »

Nous faisons ensuite un voyage dans le temps pour retrouver Fabrice en 2009 qui reçoit une lettre de Margaret Crown, son hôtesse quarante ans plus tôt lors d’un séjour linguistique. Cette lettre, elle a de fortes conséquences sur Fabrice car elle ravive les douleurs de ce voyage en Angleterre. Le récit va alors nous emporter dans les deux époques en parallèle pour nous raconter l’histoire d’amour très particulière entre ce jeune garçon timide et cette femme d’âge mûr.

Marc Desaubliaux est parvenu à nous faire nous attacher à Fabrice aussi bien lorsqu’il a quinze ans que lorsqu’il en a cinquante-six. On aime l’adolescent pour sa timidité et sa bonne éducation qui l’empêche de dire non et qui se retrouve pris au piège d’une femme pleine de désir. Et on s’attache à l’homme mûr qui a eu une vie très solitaire et qui n’est jamais parvenu à surmonter ce qui lui est arrivé lors de ce voyage. Et pourtant, suite à la lettre de madame Crown, il retourne la voir, quarante ans plus tard, alors qu’ils s’étaient quittés sur une mauvaise note et qu’ils ne se sont jamais revus ni même adressé la parole depuis.

Les longues descriptions de l’auteur nous permettent de nous immerger pleinement dans la vie de Fabrice, et surtout dans cet épisode de juillet 1968 lors de son voyage en Angleterre. Nous suivons ainsi tout le cheminement de son histoire et on découvre petit à petit les répercussions des actes de Margaret Crown. Car des années plus tard, Fabrice en garde des séquelles psychologiques.

Le sujet est très délicat, mais l’auteur est parvenu à nous sensibiliser sans pour autant nous dégoûter. Sa plume fluide et son approche délicate des passages gênants montrent toute sa maîtrise. Son écriture est parfaite pour traiter un tel sujet. Vous pouvez retrouver Marc Desaubliaux dans d’autres romans publiés aux éditions Des auteurs des livres, dont notamment « Journal du désespoir » qui raconte l’histoire d’un adolescent qui écrit tout ce qu’il n’est pas capable d’exprimer dans un cahier d’écolier.

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à propos de l'auteur

Jane Doe

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