Interview. Woodkid : un passionné de solitude

L'auteur-compositeur-interprète, réalisateur, musicien et graphiste Woodkid, de son vrai nom Yoann Lemoine était en tête d'affiche ce 17 juillet au Nice jazz festival. Il s'est confié à nous lors de cet entretien.

Près de deux années après l’arrêt des activités culturelles comment vous sentez-vous après votre passage sur scène ?

« Je m’attendais à une charge émotionnelle très forte mais non, c’est assez plaisant. Il y’a beaucoup de joie, de légèreté. Je suis quelqu’un qui a tendance à mettre de l’émotion dans tout, à toujours penser que les choses sont lourdes. Je recherche de la puissance, du politique dans tout. Je me suis dit que cette tournée allait un peu être chargée mais en fait non, tout est assez fluide, cool et léger. »

En parlant d’émotion et de sentiment, la thématique de la solitude revient beaucoup dans vos chansons…

« Je trouve la solitude très inspirante. À chaque fois que j’ai essayé de faire des chansons légères, dénuées d’émotion, j’ai l’impression qu’elles sont un peu vaines, inutiles. Pourtant pendant le confinement j’ai beaucoup écouté des musiques à thème léger. Mais quand je suis en studio je n’arrive pas à faire pareille. Mon deuxième album parle énormément de solitude. »

Entre le premier album « The Golden Age » (2013) et le deuxième « S16 » (2020), sept ans les séparent. Pourquoi un aussi long silence ?

« Il s’est passé beaucoup de choses. Il m’a fallu du temps pour digérer le premier album c’était un moment intense de remise en question. Il a fallu que je comprenne ce qui se passait. Et surtout, à la base, je suis réalisateur et mon ADN, c’est de travailler pour les autres. J’ai commencé à m’épuiser d’être le centre de tout, tout le temps , de voir ma tête partout. J’avais envie de prendre moins ce risque là mais prendre plutôt le risque pour les autres. Que mon travail soit au service des autres ! J’ai donc fait cinq ou six ans de collaborations successives. »

Vous sentez-vous mieux dans la peau du réalisateur ou du chanteur ?

« Si je dois choisir, je serai réalisateur. Dans un film, je pourrais toujours ramener la dimension musicale d’une manière ou d’une autre. sur scène, j’ai toujours un billet pour amener ma carrure de réalisateur puisqu’il faut des visuels. »

Vous avez d’ailleurs utilisé beaucoup de visuels pendant votre concert. Comment les avez-vous conçu ?

« J’ai utilisé le logiciel Houdini pour réaliser ces visuels digitaux. Une espèce de fresques d’art contemporain qui illustrent les chansons et créent chez le public, une illusion d’immersion. »

Satisfait du public Niçois ?

« Très satisfait !!! Les voir reprendre les paroles de mes chansons, c’est une fierté ! »

Après le Nice Jazz Festival ? D’autres projets ?

« J’ai un gros projet sur lequel je travaille depuis deux ans. Pour l’heure, beaucoup de tournées mais aussi une petite escapade aux jeux olympiques de Tokyo le 08 août. »

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Lorène Mabou

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