Covid-19 : les prévision de l’Institut Pasteur pour l’automne

L’Institut Pasteur a publié ses nouvelles modélisations sur le potentiel "rebond épidémique" attendu à l’automne.* On en retient 4 choses : 1) Les non-vaccinés vont contribuer "de façon importante à la pression sur l’hôpital" (les non vaccinés de + 60 ans — 3% de la population — représenteront 43% des hospitalisations) ; 2) Les non vaccinés participeront également "de façon disproportionnée à la transmission" ; 3) "Alors que les confinements en 2020 ont réduit les taux de transmission de 70-80%, Enfin, des réductions de 20-30% (= simple respect des gestes barrières + pass sanitaire) pourraient maintenant suffire pour fortement réduire l’impact sur le système de santé" grâce à la vaccination.

*En juin 2021, nous avions étudié comment la vaccination partielle de la population française pourrait changer l’épidémiologie du SARS-CoV-2 et avions exploré les implications pour le contrôle d’un possible rebond épidémique durant l’automne 2021. Nous présentons une mise à jour de ce travail prenant notamment en compte les changements suivants :

La couverture vaccinale a atteint des niveaux supérieurs aux hypothèses faites en juin ;
Les dynamiques observées cet été ont confirmé la très haute transmissibilité du variant Delta ;
De nouvelles données suggèrent que, même si les vaccins restent très efficaces contre les formes sévères, la protection vaccinale contre l’infection diminue pour le variant Delta.
Le variant Delta donne lieu à des formes plus sévères.

Dans notre nouveau scénario de référence, nous faisons l’hypothèse que le nombre de reproduction de base R0 est égal à 5 (contre R0=4 dans l’analyse de juin), que le risque d’hospitalisation augmente de 50% pour les personnes infectées par le variant Delta et que la vaccination diminue le risque d’infection de 60% pour le variant Delta (contre 80% dans l’analyse de juin). Par ailleurs, nous faisons l’hypothèse d’une couverture vaccinale de 70% chez les 12-17 ans, 80% chez les 18-59 ans et 90% chez les plus de 60 ans (contre 30%-70%-90% dans l’analyse de juin). Nous continuons à faire l’hypothèse que la vaccination réduit le risque d’hospitalisation de 95% et le risque de transmission si une personne vaccinée est infectée de 50%.

Les principaux résultats de l’étude sont que :

Les adultes non-vaccinés contribuent de façon importante à la pression sur l’hôpital. Dans notre scénario de référence, les personnes non-vaccinées de plus de 60 ans représentent 3% de la population mais 43% des hospitalisations. Il est essentiel que la couverture vaccinale chez les plus fragiles soit aussi haute que possible.
Les personnes non-vaccinées contribuent de façon disproportionnée à la transmission. Des mesures de contrôle ciblant cette population pourraient maximiser le contrôle de l’épidémie tout en minimisant l’impact sociétal par rapport à des mesures non ciblées.
Avec le variant Delta, les personnes vaccinées sont moins bien protégées contre l’infection, même si la protection reste très élevée contre les formes graves. Par ailleurs, plus la population est vaccinée, plus la proportion de vaccinés parmi les cas augmente. Dans notre scénario de référence, on s’attend à ce qu’à peu près la moitié des infections aient lieu chez des personnes vaccinées (alors que ce groupe représente plus de 70% de la population). Il est donc important que les personnes vaccinées continuent à respecter les gestes barrières et porter un masque pour se protéger de l’infection et éviter de contaminer leurs proches.
Nous nous attendons à ce qu’un tiers des infections ait lieu chez les enfants et adolescents (contre près de la moitié dans nos estimations de juin). Ceci tient à la part relative plus importante des infections chez les adultes du fait de la baisse de l’efficacité vaccinale contre l’infection avec le variant delta, et à la proportion plus élevée d’adolescents qui se sont vaccinés comparativement aux hypothèses de la simulation de juin.

Etant donné les caractéristiques du variant Delta, l’arrêt de toutes mesures de contrôle pourrait conduire à un stress important sur le système de santé. Il est donc important que les efforts actuels pour limiter la transmission soient maintenus. Grâce à la vaccination, l’intensité des mesures nécessaires pour que les hospitalisations restent à des niveaux gérables devrait être moindre que ce qu’il fallait avant la campagne de vaccination. Alors que les confinements en 2020 ont réduit les taux de transmission de 70-80%, des réductions de 20-30% pourraient maintenant suffire pour fortement réduire l’impact sur le système de santé. Ces réductions pourraient potentiellement être obtenues en appliquant les gestes barrières, le port du masque, un certain degré de distanciation physique, le Tester-Tracer-Isoler et le pass sanitaire. Par ailleurs, l’augmentation de la couverture vaccinale peut également réduire l’impact sanitaire du SARS-CoV-2. Il faut rester vigilant face à toute dégradation de la situation.

*le texte complet de l’étude

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