Tabagisme Passif : un ennemi à la maison comme au travail

Santé Publique France a publié le 7 février dernier une enquête édifiante sur le tabagisme passif. Il en ressort des résultats en demi-teinte. Le fléau subi par les non-fumeurs recule certes à leur domicile, mais il se maintient malheureusement sur le lieu de travail… Une aberration au regard de la loi qui l’interdit pourtant dans ce contexte. Retour sur les conclusions de cette enquête et les actions qui vont en découler. Le tabac recule, la cigarette électronique augmente…

En mai dernier, Santé Publique France (SPF) publiait déjà une enquête sur le tabagisme actif. Les chiffres confirmaient les promesses des années précédentes : 600 000 fumeurs de moins en 2018 pour 500 000 « vapoteurs » de plus. Le succès du substitut électronique et des sites comme eliquidandco.com avait déjà conduit à une diminution d’un million de fumeurs entre 2016 et 2017.

Cette baisse significative et continue se ressent effectivement sur les résultats de la nouvelle enquête de SPF au sujet du tabagisme passif. Menée de 2017 à 2018 sur un échantillon de près de 35 000 personnes, l’étude révèle que ce type de tabagisme décroit fortement pour ce qui est de la nuisance au domicile. Ainsi quand près de 28% de l’échantillon déclarait vivre avec une personne fumant dans la maison en 2014, ils ne sont plus que 17,6% aujourd’hui.

Cette conséquence évidente du fort recul du nombre de fumeurs est encourageante, vu les risques qu’encourent les victimes de tabagisme passif et, notamment, les plus jeunes. On relève d’ailleurs que les foyers où la fréquence du tabagisme a le plus diminué ces dernières années sont ceux où il y a un enfant, quel que soit son âge.
Tabac en milieu professionnel : un monde à part ?

Rappelons que le tabac tue 75 000 personnes par an en France, et qu’il reste la première cause de mortalité évitable. On estime par ailleurs que le nombre de décès dus au tabagisme passif est de 1 100 chaque année. Il augmenterait aussi de 25 % le risque de cancer du poumon et de maladies coronariennes.

Le tabagisme passif représente donc un véritable danger et, afin d’en préserver les travailleurs, la législation adoptée en 2007 interdit à quiconque de fumer sur le lieu de travail. Malgré cette interdiction l’enquête de Santé Publique France révèle que près de 16% des personnes qui exercent une activité professionnelle déclarent être exposées à la fumée de tabac à l’intérieur des locaux où ils exercent leur travail.

Ce chiffre stable depuis plusieurs années semble constituer un pallier et suggère un ralentissement dans l’application des mesures réglementaires anti-tabac. Il apparait toutefois de fortes disparités selon les différents milieux socio-professionnels. Ce sont ainsi 27,4% des ouvriers qui sont exposés au risque de tabagisme passif quand celui-ci ne concerne que 6,4% des professions dites « intellectuelles supérieures ».

La publication de cette enquête et des nouvelles données qu’elle contient donne lieu à un nouveau plan d’action. Santé Publique France démarre ainsi une campagne d’information digitale sur l’ensemble des dispositifs d’aide à l’arrêt du tabac (plus d’infos). Plusieurs messages incitatifs seront bientôt diffusés sur Internet sous forme de bannière : ils devront permettront aux internautes fumeurs de se familiariser avec le dispositif téléphonique « Tabac info Service », disponible au 3989.

Rappelons que ce numéro est facturé au prix d’un appel normal. Il est pensé pour faciliter la prise de rendez-vous avec le tabacologue qui va vous aider à arrêter de fumer : vous avez en effet la possibilité de prendre rendez-vous avec ce spécialiste et de vous faire rappeler au moment que vous avez choisi. De plus 87 % des utilisateurs de ce service gratuit se déclarent satisfaits par l’accompagnement qu’il propose.

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