Droits TV : le choix d’Amazon se retourne-t-il contre le foot français ?

Après la décision de Beinsports, vendredi 30 juillet, de se placer sous la protection du tribunal de commerce, la Ligue Professionnelle de Football (LFP) se retrouve une nouvelle fois dans une posture délicate.

Une télénovela rocambolesque digne des meilleures séries Netflix. Les ingrédients du fiasco des Droits TV sont connus. Une pandémie qui pèse violemment sur les finances des clubs, un contrat trop beau pour être vrai qui s’évapore entrainant une guérilla judiciaire. On pourrait s’amuser de ce scénario bien ficelé mais près d’un an après le couac Mediapro, le foot français reste enlisé dans un conflit dont on ne semble plus apercevoir la fin.

Petit rappel des faits : après la défection de Mediapro et du milliard promis, la LFP et son président Vincent Labrune ont dû remettre en jeu les lots conquis par le mirage sino-espagnol lors du 1er appel d’offre soit 80% du foot français. Dans un contexte économique morose, il était utopique d’espérer un montant équivalent. La Ligue a deux dossiers équivalents financièrement sur la table : la solution classique avec les acteurs historiques, Canal + et BeINsports (déjà détenteur d’un lot) et l’offre alléchante d’un nouvel entrant à la renommée mondiale, Amazon. Les offres se valent mais Vincent Labrune choisit la nouveauté avec Amazon suscitant le courroux de ses anciens amis.

Une situation prévisible ?

Dans le schéma actuel, le géant américain du e-commerce paie 8 matchs pour 290 millions d’€ par an. Dans le même temps, vestige du premier « golden deal », Canal et BeIN doivent s’acquitter d’une somme de 332M€ pour deux matchs qui ne comprennent pas les 20 meilleures affiches de L1.

Il était difficile d’imaginer Canal accepter sans broncher. Après un communiqué de la chaine cryptée indiquant qu’elle abandonne sa sous-licence pour les deux matchs (propriété de BeinSports), un vaste jeu de domino s’est mis en place. Les conséquences : une énième bataille judiciaire croisée, BeIN attaquant Canal puis la LFP attaquant BeIN engendrant tout un tas de procédure chacun faisant valoir son bon droit.
Néanmoins, la saisie du tribunal de commerce par BeINsports a un impact direct : il gèle le paiement de la première traite à la LFP (55M€) tout en faisant courir le risque de « l’écran noir » à moins d’une semaine de la reprise en L1.

Peut-on espérer un Happy end ?

Cette mise sous tutelle indique clairement la détermination de la chaine qatarie qui ne veut pas être le dindon de la farce, à la suite du désistement violent de son partenaire Canal +. Après le dénouement amer de la conciliation avec Mediapro, il y a un vrai risque de jurisprudence. Ce cas de figure catastrophe entrainerait certainement un nouvel appel d’offres où il serait illusoire vu l’animosité ambiante et l’atonie du marché de recevoir une somme proche de ces 332M€.
Les clubs français, déjà à l’agonie pour la plupart, ne pourrait pas supporter une nouvelle perte de profits liée aux Droits TV.

Au final, on peut se poser la question du choix en faveur d’Amazon ? S’il peut s’avérer très intéressant sur le long terme, il pourrait avoir des conséquences terribles sur le court terme. En ce sens, les premières décisions de la firme de Seattle n’ont pas été de nature à rassurer Vincent Labrune. Le supplément d’abonnement de 12€ (offre Prime video) à fait grincer quelques dents au sein de la LFP qui craint pour la visibilité de son produit phare. Les stigmates de l’expérience Telefoot* ?

On vous donne rendez-vous cette semaine pour le prochain épisode entre ses ex-amis lancés aujourd’hui dans une guerre sans merci.

*Telefoot, la chaine éphémère créée par Mediapro qui n’aura tenu que 6 mois l’an dernier.

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Jane Doe

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