Meeting Herculis - Jimmy Vicaut : " Avec ce record, je suis plus détendu"

Nouveau recordman de France et co-recordman d’Europe du 100m depuis plus de 10 jours (9"86 au meeting de Paris-Saint-Denis), Jimmy Vicaut s'est confié à Nice Premium avant le Meeting Herculis. Le protégé de Guy Ontanon n'a pas caché son bonheur de courir sans blessure et de casser cette fameuse barrière des 9"90. Un seul regret, ne pas démontrer ses progrès sur 200m. Il arrive à Monaco en toute quiétude mais pas sans ambition.

Nice Premium : Jimmy, comment expliques-tu cette réussite depuis le début de saison ? Y’a-t-il eu un déclic ?

Jimmy Vicaut : J’ai continué ce que je faisais avant, tout en insistant sur le repos, les soins. Avant, je voulais trop en mettre à l’entrainement, même fatigué. Dorénavant, je prends mon temps pour me reposer.

N.P. : Comment gère-t-on ces périodes de blessures sur le plan moral ?

J.V. : J’en avais vraiment marre de me blesser. Tu commences à douter, à te demander si tu es fait pour ce sport. C’est le métier, c’est la vie d’athlète. Quand tu sais que tu vaux une certaine valeur et que tu ne peux pas le prouver, c’est dur.

N.P. : Quelle relation as-tu avec ton coach, Guy Ontanon ? Que t’apportes-t-il au quotidien ?

J.V. : De la confiance. On se dit tout, les problèmes, ce qui va et ne va pas. C’est presque « comme un pote ».

N.P. : Comment tu juges, mi-juillet, ta saison ?

J.V. : Comparé aux autres années, je suis plus fort, je vais plus vite. Il fallait que ça se concrétise à une compétition, ça l’a fait au Meeting Areva. J’ai passé un cap.

« Ne pas s’endormir à l’entraînement »

N.P. : Est-ce que tu te sens capable de franchir un palier sur 200m ou tu te considères plus comme un pur coureur de 100m ?

J.V. : J’ai bien travaillé le 200m depuis cette saison, j’ai envie de prouver aux gens que je suis aussi fait pour cette distance. Je resterai surement plus fort sur 100m que sur 200m mais je veux montrer que ce que je fais à l’entrainement, ça paye. Je suis sûr que j’irai plus vite dans les semaines ou les mois à venir.

N.P. : Sur le territoire national, une rivalité existe avec Christophe Lemaître. Mais n’est-ce pas un plus pour se tirer vers le haut ?

J.V. : Complétement, c’est une stimulation. Sans lui, je ne serai pas arrivé à ce niveau-là. Il me motive même si lui ne pense pas pareil. C’est une rivalité qui me sert de réveil, de piqûre de rappel. Il ne faut pas que je m’endorme à l’entrainement.

N.P. : Il y a eu le « guide Powell » à Paris, ici, ça sera Gay, Gatlin et Bromell. Pour quel résultat ?

J.V. : (rires) Je dirai ça après la course. Je ne cherche pas le chrono comme avant où je voulais faire moins de 10 secondes. Aujourd’hui, je suis bien plus détendu, j’ai moins de pression.

N.P. : On parle souvent de barrière psychologique dans chaque discipline. Celle du record de France en était une pour toi ?

J.V. : Exactement. C’est une libération. Je l’attendais depuis trois ans ce record, je le titillais sans y parvenir. A l’entraînement, je ne cherche plus la perfection mais de la qualité sans chrono ultime.

N.P. : Que peut-on te souhaiter à Pékin ?

J.V. : On verra tours après tours. Si j’arrive en finale, ça sera déjà pas mal. Une fois en finale, tout est remis à zéro.

Crédit photo : Page Facebook Officielle de Jimmy Vicaut

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Jane Doe

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