Colloque : sport, diversité et territoire

La Maison des Sciences de l’Homme et de la Société a abrité, ce jeudi, des débats importants, à forte résonnance sociale. Il est question de sport, de son rapport à la diversité et de son lien avec le territoire. Au programme, trois tables rondes, beaucoup de questions et autant de pistes de réponses possibles.

10 heures du matin, l’heure d’aller en classe pour un cours particulier, avec des professeurs particuliers, mieux, de renom. Autour de la table ronde, Yvan Gastaut, historien et maître de conférences à l’Université Côte d’Azur donne le la aux côtés de Nicolas Bancel, historien, professeur ordinaire à l’Université de Lausanne (ISSUL), codirecteur du Groupe de recherche Achac et Pascal Blanchard, historien, membre du Laboratoire Communication et Politique du CNRS et codirecteur du Groupe de recherche Achac.

La question de la diversité parait essentielle à discuter dans le champ sportif. Elle est vaste et multiple. Dans la diversité, on parle d’hommes et de femmes, de couleurs de peaux, d’origines ethniques, de handicap, etc. Elle rejoint la notion de parité dont la question se pose extrêmement tôt dans le sport, avant même la participation à la citoyenneté. « Avant même que la question puisse autoriser les femmes à voter, la question de la participation des femmes dans le mouvement olympique, elle, est posée », explique Pascal Blanchard, chargé d’introduire le sujet. « Il en va de même dans les empires coloniaux pour la participation sportive des populations indigènes ».

Le sport est le premier espace (avec l’armée) de présence de diversité

« Le sport renvoie à une notion fondamentale de gens qui sont exclus de la notion de citoyenneté commune et qui d’un seul coup vont symboliser une nation ». Le débat s’articule autour d’un sujet délicat, mais non moins nécessaire qui touche les notions d’identité, de discrimination, de racisme, d’égalité. Chacun autour de la place donne de sa voix légitime pour éclairer le thème. Aya Cissoko, championne du monde de boxe, auteure et comédienne ne donne pas seulement sa vision de l’intérieur, elle défend un réel combat pour la place des femmes et notamment des « femmes racisées ». Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, ne mâche pas ses mots non plus. Pour Yvan Gastaut, les points à retenir sont, que « le monde du sport est fragile et versatile. Dans ce champ, racisme et antiracisme se côtoient dans une grande complexité et les autorités sportives en place sont incapables pour le moment de recevoir la parole du sportif ou de la sportive ».

Le premier débat s’est articulé autour de 4 axes majeurs :

- La question des valeurs et du récit sur le sport, bon par nature, vecteur d’intégration, de partage, de mixité et de tolérance, à mettre en opposition avec l’utilisation du sport par des régimes politiques totalitaires.
-  La question de l’esprit de compétition aux prémices du sport inventé par les Britanniques au 19e pour moderniser le capitalisme
-  La question des institutions médiocres en France en termes de diversité et de parité
-  La question du racisme, essentielle

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Jane Doe

Alissia Lejeune

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