La radicalisation dans le sport, on en parle !

Mercredi 12 février, se tenait la première session de formation à propos de la radicalisation. Les structures sportives de la région se sont réunies au boulodrome Henri-Bernard à Nice. Sous le professorat du doctorant Médéric Chapitaux, les différents acteurs ont été studieux.

La salle pleine, les personnes présentes captivées par le discours de leur professeur. Une classe studieuse, composée d’acteurs sportifs locaux, mais pas seulement. De nombreuses associations, qu’elles soient sociales ou culturelles étaient aussi présentes pour cette première session de formation.

Sous l’impulsion du Comité Départementale Olympique et Sportif (CDOS 06), le spécialiste de la question Médéric Chapitaux était convié à partager sa connaissance du sujet. Dans une région touchée, il y a 4 ans, par les attentats, l’initiative fut bien accueillie. Une forte demande des clubs sportifs, qui espéraient une aide sur la question. Sujet sensible, souvent à la Une des journaux, et problématique centrale du monde occidental, la radicalisation touche notre société et le sport ne fait pas exception. « Aujourd’hui j’ai tout découvert sur la question. On a été bien formé, maintenant, il faut diffuser les bons réflexes. C’est un sujet auquel on peut être confronté et on doit être armé. »

C’est le sentiment de Frédéric Lafleur, président du comité départemental d’escrime. Sentiment partagé par l’ensemble de l’assemblée.

« On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas »

C’est l’opinion qui transpirait dans la salle après une matinée de cours magistral sur la radicalisation, essentiel pour la bonne compréhension, et éviter tout amalgame. Les élèves du jour sont passés au cas pratiques l’après-midi. Par groupe de 6, les participants à cette journée devaient statuer sur des cas concrets. Des cas réels de personnes ayant eu des comportements alarmants, et qui pour certaines sont passées à l’acte.

Chaque groupe avait sa perception de l’affaire et Médéric Chapitaux venait autour de la table, expliquer les suites des affaires. Le cas de ce patron isérois retrouvé décapité était un exemple frappant. Le commanditaire de l’acte terroriste, avec une formation adéquate, aurait pu être repéré en amont. L’exemple a horrifié et agacé une salle consciencieuse et volontaire.

Pour Brenda, animatrice à Cannes, cet exercice a été une révélation. « Grâce aux explications du matin, j’ai pu comprendre et analyser le passé d’une personne. Puis, la signaler en cas de besoin. C’est une vraie avancée, sans cette formation, je n’aurais jamais su. »

Sa collègue, Jennifer abonde en ce sens, « maintenant, on sait déceler les signaux de radicalisation et cela va nous aider dans notre vie quotidienne. »

Et maintenant ?

Diplôme en poche, compétences acquises, tous retournent à leurs occupations, désormais au fait sur les radicalisations. Pour beaucoup, cette journée va modifier leur quotidien. « J’ai retenu aujourd’hui que la prévention de la radicalisation est totalement différente de toutes autres formes de prévention. Maintenant, je sais qu’avant de lancer une action éducative envers une personne soupçonnée de basculement, je dois avoir le réflexe de signaler aux autorités compétentes et agir, une fois leur retour », explique Margaux Ravary, coordinatrice de projet pour l’association Montjoye (association de lutte contre la délinquance).

Dorénavant, tous ont reçu un papier de signalement, qui sert d’aide pour identifier les signaux, les retranscrire et ainsi transmettre un signalement clair et concis aux renseignements généraux.

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Vianney Masse

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