La Ville soutien massivement le sport niçois

Il y a 10 jours, lors de l’Assemblée Générale du Comité Olympique Sportif départemental, son Président Philippe Manassero tirait le signal d’alarme : "La covid 19, au-delà de son cortège de malheurs et de contraintes, met en grand danger « l’économie » du sport."

Pour lui, "Le CDOS 06, a pour préoccupation essentielle pour 2021, le focus sur la situation des associations et comités, pertes de licenciés, désaffection des partenaires, contraction de l’emploi, difficultés d’organisations de réunions. Le plus difficile étant peut-être à venir."

Hier, le Conseil Municipal a répondu indirectement aux préoccupations alarmantes contenues dans les propos du dirigeant azuréen. Un pluie de subventions va bénéficier à 178 associations sportives niçoises pour un montant de 9,1 ml d’euros plus des aides indirectes (principalement l’utilisation des équipements municipaux) évaluées à 31 ml d’euros.

De plus, comme tous les ans, des sportifs de haut niveau, qui par leur renommée font honneur au nom de Nice, sont également bénéficiaires d’aides monétaires.
Pour 2021, la délibération présentait 28 noms, représentant des disciplines diverses. Le montant individuel de la subvention est de 2 mille euros à 30 mille. Sur le principe rien à objecter.

Sauf que le groupe écologiste en a fait une question morale et a présenté un amendement qui, objectivement, avait du sens : « Considérant que les aides sollicitées doivent être estimées en regard des revenus des sportifs concernés. Ils ne pourront pas être attribués à des sportifs dont les revenus dépassent 100,000€ bruts par an. »

La motivation ? " Parmi les 28 sportifs cités, il en est de grands, très grands champions, et ils font la fierté de notre cité. Toutefois, nous estimons que lorsque certains sportifs gagnent des centaines de milliers d’Euros par an, il est indécent de solliciter une aide financière de la Mairie !" Ce sont Fabio Quartararo, l’astre naissant du motocyclisme, et la tenniswoman Alizé Cornet qui sont indiqués sans être nommés.

En fait, l’un et l’autre sont des sportifs professionnels dont les revenus annuels et cumulés sont à 7 chiffres. C’est la loi de l’économie du sport et tant mieux pour eux. Donc, comment imaginer qu’ils sont tributaires de ces aides pour se sustenter économiquement comme c’est le cas des athlètes qui pratiquent des disciplines qui pèsent peu du point de vue économique ?

Plutôt remonté par ce supposé délit de lèse majesté, Christian Estrosi s’est lancé dans des explications qui n’ont certainement convaincu les plaignants et, non plus, les observateurs neutres. La question n’est évidemment pas la "nissartitude" des deux champions, ni le fait que sur le podium l’un affiche le logo de la ville de Nice ou chante mentalement "Nissa la belle", selon le Maire de Nice.

Le "patriotisme" revendiqué par Christian Estrosi ne s’applique pas à ce cas d’espèce. Et puis, ce serait de trop d’espérer que ce sentiment d’identité et d’appartenance puisse subsister même sans une subvention ?

Comme la graine doit être séparée de l’ivraie, de même la cupidité ne fait pas bon jeu avec la noblesse d’esprit. Et puis l’Evangile ne dit pas qu’il faut donner aux pauvres et non à ceux qui sont déjà riches ?

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